Night of the Prog VI, Lorelei

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11. Jul. 2011, 10:16

Ce n'est rien de dire que d’aller de Genève à la riante métropole de Sankt Goarshausen, non loin du site de la Lorelei, est une expédition. Mais une fois sur place, le site de ce sixième Night of the Prog Festival est juste magnifique : une sorte de vaste amphithéâtre bénéficiant d’une bonne acoustique. Les seuls soucis sonores sont des basses un peu trop enthousiastes et des claviers qui peinent à être entendus dès qu’il ne sont plus tous seuls à jouer. À la vérité, je soupçonne que c’est en grande partie dû à notre choix de FBDM : tout devant, contre la rambarde – et donc à douze centimètres des caissons de basse. La fan-attitude, ça s’assume.

Un des gros défauts du site est qu’il n’existe qu’un seul coin toilettes, ce qui n’est pas toujours évident à gérer après un nombre pas forcément raisonnable de bières. Le site n’a également que deux stands de nourriture, proposant un régime à base de viande (steak ou saucisses) et de frites ; les végétariens n’ont plus qu’à brouter la pelouse, merci pour eux.

Le plus gros souci, en fait, c’est d’arriver sur place : le site est situé en hauteur, à trois bornes de la ville de Sankt Goarshausen; il y a bien un bus mais, dans les bons jours, il passe toutes heures. Le soir, il y a heureusement une navette (payante), mais ce n’est très bien indiqué, ni sur le site Internet, ni sur place ; au vu de la taille de l’événement, l’organisation aurait pu faire un effort – au moins de signalisation.

Le côté presque comique, c’est l’âge moyen du public : je devais être dans le tiers inférieur, du haut de mes 44 ans. La blague du week-end : pour faire baisser la moyenne d’âge, les prog-heads sont venus avec leurs enfants. Le plus rigolo, c’est que certains groupes, comme Haken, Riverside ou Sky Architect, sont presque une génération plus jeunes que leur public. Il y avait dans la foule un certain nombre de porteurs de t-shirts qui n’auraient pas eu intérêt à se retrouver seuls avec moi dans une rue sombre : Frost*, Indukti, Fates Warning, Fields of the Nephilim

Note pour la prochaine fois : prévoir un chapeau, minimum. On avait un peu tout prévu en cas de pluie, qui était une probabilité assez forte et qui, au final, nous aura foutu une paix royale, pas que le soleil allait cogner méchant. Résultat : malgré la crème solaire, je rentre avec (en guise de souvenir) un coup de soleil sur la nuque et la clairière capillaire en formation (avancée ; les drames de la déforestation…).

Mais entrons dans l’arène !

Vendredi 8 juillet

À notre arrivée, Martigan était en train de finir son set; dommage, c’était le seul groupe du week-end que je ne connaissais pas du tout. De ce que j’ai entendu, il donne dans un néo-prog avec de faux airs de Twelfth Night, période post-Mann, ou de Genesis des années 1980; comme souvent, excellents instrumentaux. Bonne nouvelle, le public semble très enthousiaste dès le départ.

Impression qui se confirme par l’accueil réservé aux jeunots de Sky Architect, qui se révèlent être de grosses brutes sur scène, avec une maîtrise instrumentale certaine. S’ils ne jouent que quatre morceaux, c’est cependant un très long set. Personnellement, je suis moins enthousiaste : pour moi, leur musique manque de cohérence ; on a presque l’impression d’avoir une caricature de prog avec au moins douze breaks par minute, sans trop savoir ce qu’ils se veulent..

La présence de Threshold, que je croyais disparu dans les limbes il y a quelques années, était pour moi une surprise. Les revenants semblent cependant très contents d’être là et font un concert énorme beaucoup plus power-metal que prog (le fait d’avoir perdu le clavier dans la balance n’aide pas). Damian Wilson le chanteur, nous fait un gros numéro de showman : , court partout, grimpe sur tout ce qui est grimpable et va jusqu’à se balader et chanter au milieu d’un public ravi et ultra-enthousiaste.

Riverside est en quelque sorte l’anti-Threshold : si les Polonais livrent un show très statique, leur musique est elle très progressive, sur le fil du rasoir entre prog et métal. Sans être aussi surexcité que Damian Wilson, Mariusz Duda, chanteur et bassiste, fait également montre de ses compétences de meneur sur un public chaud-bouillant : il nous lance sur une mélopée qui finit par être reprise sur l’intégralité de « Left Out » – et sur le reste du week-end ; c’est un peu la version prog du « poulet » du Naheulband. Là encore, comme on avait l’impression que le clavier était en retrait, ça donnait un son beau coup plus rock, mais comme Riverside n’a qu’une seule guitare en façade, ça restait reconnaissable.

Eloy conclut la soirée du vendredi et je dois avouer avoir eu quelques craintes pour ce « Yes allemand » devant passer juste après deux monstres de métal (plus ou moins) prog. Je me faisais du souci pour rien : emmenés par un public tout acquis à leur cause, Eloy attaque avec deux guitares, deux claviers et trois choristes, ce ne sont pas des petits blanc-becs avec dix ans d’existence qui vont leur faire peur ! Je dois avouer ne pas être fan du groupe, mais leur prestation était plus qu’honorable : malgré plus de trente ans d’existence, Eloy a toujours la patate et ça se sent.

Excellent début de fort bonne augure pour ce festival, malgré les problèmes de son.

Samedi 9 juillet

On commence par Haken, groupe sur lequel je nourissais des réserves, rapport à une musique pas très originale. Je me disais même que si j’arrivais un peu en retard, ce ne serait pas si grave. Grosse erreur! En live, ça passe très, très bien : les musiciens – très jeunes – sont très carrés et mettent leur talent au service d’instrumentaux complexes. En plus, le groupe a beaucoup de pêche, notamment via son batteur qui, en une heure, fait tomber cinq fois ses cymbales, casse dix-sept baguettes et une caisse claire. En résumé, très bonne surprise ; en fait, il faudrait croiser Sky Architect pour la créativité et Haken pour la cohérence et on aurait le groupe ultime.

Vanden Plas, remplaçant au pied levé Moon Safari, nous sert un show prog-métal de bonne qualité, basé sur son dernier album, The Seraphic Clockwork, mais pourri par des problèmes de son. Le chanteur en fait des tonnes (sans doute pour compenser son micro déficient), le public – allemand, donc forcément enthousiaste – aussi. Personnellement, j’avais bien aimé le dernier album et je suis du coup un peu déçu par la prestation, un peu massacrée par la sono – et franchement, j’aurais préféré Moon Safari.

Troisième groupe de la journée, en plein cagnard (amis des coups de soleil, bonjour!), RPWL entame un show multimédia autour de son néo-prog orientalisant (curieusement, Isa a détesté ; moi pas) basé surtout sur World Through My Eyes. On sent que les Allemands ont l’habitude et jouent sur leur statut de groupe prog-ou-non en apostrophant (en allemand) le public sur le thème de ce qui est prog ou non et en illustrant le propos avec un magnifique « This Is Not A Prog Song », pamphlet anti-élitiste qui inclut un medley délirant sur les hits du classic rock.

Petite déception – en fait, peut-être la plus grosse du week-end, avec IQ. J’attendais beaucoup de ce groupe, que j’avais en grande partie raté lors de leur unique passage à Genève (en première partie de Mike & The Mechanics, histoire de poser l’antiquité de la chose) et qui n’a hélas pas eu un son à la hauteur de son show du 30e anniversaire. Je soupçonne aussi que Pete Nicholls n’a plus les cordes vocales de ses vingt ans et semblait parfois à la peine. Cependant, leur prestation reste honorable, reprenant des morceaux de nombreux anciens albums – surtout « Human Nature », seul morceau que j’avais pu voir, ce qui pardonne tout.

Quand Dream Theater arrive, tout le monde change de trottoir – et vient piétiner nos plate-bandes ! C’est un peu la grosse star du week-end et le site, qui était déjà pas mal plein, voit débouler une horde massive de métaleux au milieu de la foule des quadra-et-plus qui peuplent les gradins. Musicalement, c’est la grosse artillerie : la batterie de Mike Mancini, le petit nouveau (c’était son cinquième concert avec le groupe) semble plus grosse que celles de tous les autres groupes. Réunis. Comme pour IQ, la sélection comporte surtout des morceaux anciens et, curieusement, une seule chanson du nouvel album, qui sort en septembre.

Anathema conclut le festival avec un set raccourci (je soupçonne que leurs remerciements à Dream Theater contenaient assez de sarcasme pour tuer un politicien, encore qu’il semble que la bande de Labrie ait en effet réduit d’un titre sa setlist), mais d’une intensité rare. C’est sans doute la meilleure surprise de ce festival : ça tabasse spectaculairement, notamment avec « Summernight Horizon » ou « Everything ». Un final en beauté !

Ainsi se conclut ce magnifique festival! Comme le disait le célèbre cyber-philosophe autrichien, « je reviendrai », parce que des moments comme ça, dans la vie d’un prog-head, ça vaut deux Hellfest et trois Donington et peut-être même un Woodstock.

(Cet article est une compilation raccourcie de trois articles parus sur mon blog: Blog à part, troisième époque.)

Kommentare

  • Al1loz

    Venu de ma Normandie profonde je suis l'un de ces veux Prog Head qui était là avec ses enfants ....Genre quinqua ... Ceci dit je suis assez d'accord avec ce qui est écrit, mais nous n'avons vu que le samedi. En final, RPWL trés bon avec une pêche d'enfer. IQ à la ramasse malgré une programmation originale,, sans doute un mauvais jour, ils avaient l'air de déterrés !!! Bon on est pas super fan de Dream Theater, et on a pas été déçus ...et d'accord avec la prestation d'Anathema d'une rare intensité, un vrai bouquet final ... On reviendra , d'ailleurs on vous recommande l'auberge de jeunesse de Kaub am Rhein (Genre YMCA, mais le casque de chantier et la coiffe indienne ne sont pas nécessaires) c'est correct et pas cher .

    15. Jul. 2011, 17:50
  • UncleAlias

    Merci pour la recommandation, nous on était à l'hôtel Adler à St Goarshausen, mais il semblait que l'ambiance au camping était assez délirante (en même temps, c'est une appréciation qui vient de l'équipe de Belges de Prog-résiste, cet avis tient lieu de faire-part).

    15. Jul. 2011, 18:03
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