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  • Plains of the Purple Buffalo de *shels

    28. Okt. 2012, 10:43

    Plains of the Purple Buffalo, c'est une histoire sans fin. Elle conte les aventures d'un jeune indien se promenant dans les plaines du monde de Fantasia, en compagnie de bisons violets. Drôle de trip, hein ? Non, le chanteur s'est juste inspiré de l'oeuvre de Michael Ende, The Neverending Story? pour concocter ce Plains Of The Purple Buffalo, deuxième album du groupe américano-britanique *shels.

    Mais *shels, en gros, c'est quoi ? C'est du Mahumodo, du Eden Maine et également un peu de Fireapple Red. On s'attend donc à du gros son qui crache à l'ancienne, mais c'est raté! Vient se rajouter une nouvelle fois Ed Mathews aux claviers et aux arrangements et le viking Arif Driessen à la trompette. Voilà que Mehdi Safa et sa bande reviennent avec une galette moins brute que les précédents efforts. La production, toujours du made by shelsmusic (label de Mehdi Safa ayant produit entre autre des albums d'Admiral Angry et Black Sheep Wall), façonne ce disque d'une légèreté intimiste. Leur Post-Rock a évolué, il s'est enveloppé d'un son plus éthéré, atmosphérique. Et la trompette d'Arif occupe désormais une place à part dans cet album.

    *shels sert comme à son habitude une grosse intro aux riffs fou furieux, crescendo à souhait et un Mehdi screamant avec énergie l'idée du No Future punk dans Journey To The Plains. On sent dès le départ que le groupe en veut, maîtrise sa voix et ses riffs, pour mieux étonner sur ce nouvel album. Cependant la rage s'estompe et on retrouvera cette frénésie quelques morceaux plus tard avec le court mais puissant Crown Of Eagle Feathers, où les cordes vocales déchaînées et hardcoriennes écrasent sans grande difficulté les nappes atmosphériques. L'album se veut plus doux, moins énervé que les anciennes productions. Cette douceur cotonneuse attendrira vos oreilles pour mieux vous laisser bercer par la magie dégagée avec The Neverending Story. Elle se fait ressentir dans certains morceaux tels que l'angélique Plains Of The Purple Buffalo - Part 2 aux cuivres enchantés, Butterflies (On Luci's Way) et le féerique Atoll. Le premier single de l'album, Butterflies (On Lucy's Way) est une sorte d'ode agrémentée de sonorités symphoniques et possède un certain côté enjôleur, lui procurant une écoute plus easy-listening, du haut de ses neuf minutes. Comme *shels n'est pas très fervent des musiques à textes, on retrouve dans ce Plains Of The Purple Buffalo des morceaux instrumentaux comme Waking et l'intro du morceau éponyme, ainsi que l'éternel interlude Atoll. Parmi les compositions de Post-Rock "classiques" (Bastien's Angel, Searching For Zihuatanejo et Vision Quest) se démarque la ballade onirique Conqueror, mais aussi les cordes bien trempées de The Spirit Horse. Prenez quand même garde à Vision Quest, un titre peut-être classique, mais qui possède néanmoins le pouvoir de transporter votre esprit ainsi que votre coeur par-delà les terres inconnues - autrefois peuplées par des Indiens d'Amérique. C'est sur Leaving The Plains que se conclut ce voyage fantastique. L'Ambient accompagne avec harmonie la trompette pour laisser les guitares extatiques au milieu d'une batterie déchaînée, rythmée pour clôturer ce second opus.

    Globalement, constatons qu'une réelle intensité émane de cet album. *shels est franc. Il est plus facile maintenant de comprendre la signification de ces quelques mots gravés autour du cylindre central du disque : "Wake Up! Breath". Les morceaux de cet album rentrent directement en communion avec l'esprit, et nous conseillent de respirer. Comme si chacun de nos souffles était le dernier. Respirer. Respirer avec l'idée d'avoir laissé notre esprit enfin se réveiller, enfin s'ouvrir. Cette idée d'avoir écouté un album qui sait taper là où ça fait mal. Un album qui sait traquer, heurter la moindre once de sensibilité... Même cachée au plus profond de notre âme. Et on se rassure d'avoir un coeur.


    Radioshack

    A écouter : Journey to the Plains, Vision Quest, Crown of Eagle Feathers

    http://www.metalorgie.com/groupe/shels
  • Laurentian's Atoll de *shels

    17. Feb. 2011, 12:58

    Après un succulent voyage à bord du Boutre Indien, nous revoici parmi les îles coralliennes pour une escale tout aussi riche en sensations. Laurentian's Atoll renferme cette musique que *shels sait si bien jouer, un post-rock progressif avec une touche de postcore et un temps soit peu de metal et d'emocore, un tout si bien ficelé qu'il n'en demeure pas moins une musique saisissante. Ces 8 titres, pour moins de 40 minutes, embarquent notre esprit afin de profiter d'un unique voyage, avec comme guide, *shels.

    On retrouve d'antérieures compositions de l'ep Wingsfortheirsmiles comme Atoll avec son chant typé Indien ne durant qu'une vingtaine de secondes, l'unique Fireflystarrs (Part 1&2), Wingsfortheirsmiles coupé de son intro et enfin M. Ces dernières font l'œuvre d'un mélange post-rock/core typique *shelsien, mis à part pour les accords acoustiques de M, un post-rock enveloppé d'un voile de notes d'une grande douceur. D'autres compositions déjà parues sur leur premier album Sea of the Dying Dhow ont été quelque peu modifiée, comme par exemple l'emocore metalisé de Water qui se voit par ailleurs doublé en durée : en effet, une seconde partie a été rajouté et cette dernière, plus calme, avec une batterie qui bat inlassablement la mesure accompagnée de guitares et de la voix éthérée de Mehdi Safa qui nous raconte la conversation qu'il a pu avoir avec le Monde, dans sa jeunesse « now this world, that I was so afraid of... it looks at me and smiles; "don't you know friend, this is just beginning, there's so much more to come... You've got to take, this life you lead... and hold it in your arms, tightly, my friend... coz this doesn't last for ever and my... anger, is gone...'' ».

    On retient également la reprise acoustique de The White Umbrella (Sea of the Dying Dhow) avec Lights in the Laurentian, une atmosphère céleste nous brume alors l'esprit à l'écoute de ce titre magique! Les 2 dernières compositions quant à elles sont étonnantes pour le rythme qui ne cesse de prendre différentes formes, une sorte de lame à double extrémité, à la fois acoustique, mais aussi électriques aux riffs tranchants qui font vibrer nos membres comme pour l'hybride The Ghost Writer à la In Dead Palm Fields (Sea of the Dying Dhow) lorsque Mehdi Safa s'égosille sur les derniers accords répétitifs d'une guitare électrique rageante. Un pur mélange de post-rock, hardcore et metal pour seulement 5 petites minutes jamais assez longues. Enfin, on retrouvera le fade out d'In Dead Palm Fields pour l'introduction de City of the Swan mais également l'atmosphère de Sea of the Dying Dhow (issu de l'album du même nom), dont la plage ambiante prendra place avant de laisser ressortir les riffs agressifs du Cygne, dont ces battements d'ailes sont encore plus puissants que ceux des papillons. La théorie du Chaos frappe en plein cœur de l'Océan Indien et ce déluge ne prendra fin que lorsque le majestueux oiseau regagne sa demeure, la violente tempête laissant derrière elle une mer scintillante, d'une eau fine et une fin acoustique concluant avec efficacité le morceau.

    Pendant les premières écoutes de l'ep on peut être déçu, mais à force d'attention et de persévérance, on s'y replonge pour s'y imprégner totalement. Entre les nouvelles compositions et les morceaux du premier effort Wingsfortheirsmiles (présents du fait du Sold-out dudit disque) on peut trouver des morceaux ré-arrangés ou simplement imaginés tels Lights In The Laurentian, Water (Full-Version) et The Ghost Writer. Cependant, un morceau se détache véritablement :City of the Swan est si polymorphe sur sa structure mélodique qu'elle peut gêner plus d'un, mais outre ce détail, on risque d'y revenir très régulièrement.

    *shels, ce fameux coquillage, nous offre une fois de plus une perle si bien nommée Laurentian's Atoll. C'est au fond de sa coquille que résonne la mer, ses vagues, son écume, tout ceci formant une mélodie, tantôt sereine, tantôt agressive. Il est vrai qu'on sera certainement un peu frustré de cette production, mais comment ne pas l'être après un terrible Sea of the Dying Dhow ? Il confirme cependant, le style de musique que *shels peut nous offrir et il nous fera patienter avant le prochain full-length, prévu fin mai 2011, Plains of the Purple Buffalo.

    Radioshack

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  • Black Ice by Brother/Ghost

    8. Aug. 2010, 21:31


    Brother/Ghost
    Black Ice
    Note: 15,5/20
    Année: 2010
    A Ecouter: et détendu


    "We've been drinking the water you've been poisoning. We drank ourselves half to death, but now we're listening?" Ainsi est l'hymne que chantent les chœurs sinistres de Brother/Ghost depuis leurs sombres glaciers, qu'ils baptisent eux-mêmes Black Ice.

    Ces Texans exploitent différents styles pour créer sur ce premier album un post-rock aux frontières de l'ambient, avec une touche de down-tempo et de metalgaze, tout ceci formant une atmosphère semblable à l'alchimie de Gregor Samsa et Blueneck. On retrouve dans ces 24 minutes joliment illustrées par Mehdi de *shels (pour la réédition) une ambiance froide et profonde, marquée principalement par des textes glauques et mornes (Waal, Baby Sharks Pt. One) ou d'autres comme Baby Sharks Pt. Two, touché par la nature et son devenir.
    Le ton sonne généralement calme, semblable à un lit de guitares s'enveloppant du voile d'un synthétiseur, qui, malgré sa faible présence, façonne un paysage paisible mais sinistre par les coups incessants de batterie. Une chorale vient se rallier à l'atmosphère de cette Glace Noire avant de pénétrer au cœur du voyage, une descente non en enfer, mais au centre de la terre, bâtie de cavernes et de rivières, faisant ainsi résonner ces voix pour enfin nous emporter aux chants torturés des Brother/Ghost jusqu'à nous en noyer. Black Ice introduit d'ailleurs avec merveille la ruisselante Waal dont on se laisse baigner par un glockenspiel. Depuis les échos des glaces les plus obscures, d'autres chœurs entonnent leurs chants jusqu'à l'extase mélodique des instruments parfois même frénétique (fade-out de Baby Sharks Pt. One avant la déferlante Pt. Two et ses tourments).
    Par ailleurs, Waal est la pièce maîtresse de cet album. L'ambiance qui s'en dégage submerge par ses flots enivrants de metalgaze qui nous amènent petit à petit vers ce cours d'eau qui laisse s'épancher un post-rock intimiste (notamment grâce à l'utilisation du glockenspiel). L'ambiance triste interprétée sur la plupart des morceaux se complète avec les textes de l'acoustique et funèbre Baby Sharks Pt. One. Ce merveilleux album se clôt par la reprise de Black Ice (enchaînant avec perfection sur l'atmosphère de Baby Sharks Pt. Two) qui excède de très peu la minute, douce et mélancolique conclusion.

    Cette première production signée Shelsmusic arrive bel et bien à nous charmer par cette froide plénitude, qui émane notamment grâce aux chœurs répétant incessamment leur hymnes derrière une orchestration lugubre. Brother/Ghost nous entraîne dans un univers profond et intime à la fois sur ce Black Ice par ses sombres atmosphères sculptées dans la glace du Post-Rock.

    Black Ice's Tracklist :

    Black Ice 2:25
    Waal 6:01
    Touch Something and Say Dead 5:30
    Baby Sharks Pt. One 6:54
    Baby Skarks Pt. Two 2:25
    Black Ice Reprise 1:04

    Radioshack from Metalorgie