• Interview de Korpiklaani au Eindhoven Dynamo Outdoor le 29 août 2010

    19. Jan. 2011, 18:01



    Pagan France: Vous avez participé à de nombreux festivals cet été; avez vous fait de nouvelles expériences, de nouveaux souvenirs?

    Cane : Bien sur, chaque semaine.

    Jonne : Oui, nous avons joué toutes les semaines.Ça a été un très bon été pour nous, de très bons festivals et nous avons pris beaucoup de plaisir avec tout le monde.



    PF : Vous avez été au Graspop en Belgique, vous y allez souvent ?

    J. : C’est la troisième fois je pense.

    C. : C’est le meilleur festival en Europe de nos jours.



    PF : Vous êtes partis en tournée en Amérique du Sud au début de l’année. Les demandes venant de ces pays augmentent mais tous les groupes ne peuvent pas s’y rendre. Est-ce difficile d’y organiser une tournée ?

    Matson : Ce n’est pas nous qui organisions la tournée, ce n’est pas notre travail. C’est facile pour nous d’y aller. Non, le problème, c’était le tremblement de terre. C’était assez puissant et plusieurs concerts ont dus être annulés à cause de cela.

    J. : C’est facile pour nous d’aller partout car les gens payent des tickets d’avion, nous appellent et nous on y va. Nous ne décidons pas du lieu où nous allons jouer, on nous réserve. Tout cela, c’est notre agence qui s’en occupe.

    C. : Nous décidons quand même si nous voulons y aller ! En général c’est : « Vous voulez le faire ? -D’accord, on y va ! »



    PF : Il y avait beaucoup de monde à vos concerts là-bas ?

    C. : C’était plus grand que…

    J. : ...nous le pensions. C’était notre première fois et c’était une fameuse surprise !

    C. : On a eu entre sept à huit cent personnes.



    PF : Maintenant que vous avez fait le tour du monde, où êtes vous le plus populaire ?

    J + C : En Europe bien sur, parce que c’est là que nous circulons le plus.

    J. : En Europe du sud-est plus précisément.

    C. : Oui, en Europe de l’est.

    J. : en Tchéquie. Ca a toujours été un succès, mais aussi ici aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne…

    C. : En Europe du sud, c’est plus difficile.



    PF : C’est vrai que vous ne partez pas souvent en Italie et en Espagne…

    C. : Oui, la culture est trop différente, ils n’ont pas ce genre de concerts heavy métal là-bas.

    J. : Mais il y a toujours eu du monde aux concerts, dans ces pays, alors ce n’est pas si mal… C’est plutôt un bon procédé, qu’importe où nous allons, il y a un public.

    C. : Nous n’avons pas de concerts dans des salles vides.



    PF : Je vous ai entendu chanter le joïk au Summer Breeze. Il semble que la culture Same soit toujours importante pour vous après toutes ces années, mais pensez vous que les gens sachent ce qu’est le joïk ?

    J. : Je sais que la plupart des gens ne connaissent rien sur ce style de musique, mais ce n’est pas notre préoccupation, l’important c’est comment les gens le ressentent. Alors, ca m’est égal que les gens ne s’y intéressent pas, les gens…

    C. : … savent si ca sonne bien ou pas.



    PF : Donc, vous n’utilisez pas le joïk pour promouvoir une culture, c’est plus « si vous aimez ça, tant mieux » ?

    C. : C’est plus comme cela en effet.

    J. : Oui.

    C. : C’est pour ça qu’on n’introduit pas le joïk en disant « c’est ca que vous venez d’entendre ». Ca n’a pas d’importance.



    PF : Est-ce que vous prenez encore le temps de vous reposer et de profiter de la vie en Finlande?

    J. : On n’a pas beaucoup l’occasion d’être à la maison. Quand on y est, on doit faire tout le travail qui s’est… euh…

    (Juho, de loin) : Accumulé !

    J. : Oui, c’est ca ! [rires] Le travail de gestion. On ne fait pas ca en tournée.

    C. : On joue et on boit.

    J. : Toute la paperasse attend à la maison.

    M. : Le seul travail qu’on fasse ici en tournée, c’est de jouer.

    J + C: … et d’attendre, de boire… de dormir, de boire et de ***** mais plus tellement ces temps ci ! [rire général]



    PF : L’alcool c’est important pour les finnois mais aussi dans votre musique. Beaucoup de personnes pensent que cela prend une trop grosse place et vous catégorisent comme « party métal » ou « humppa métal » mais vous avez des chansons très variées et certaines très poétiques. Qu’en pensez-vous ?

    C. : Les chansons à boire ne sont qu’une petite partie. Il n’y en a peut-être qu’une par album et le reste parle d’autres choses. Je ne pense même pas qu’il y en ait sur le dernier album. Bien sur, les gens se focalisent sur celles là car c’est le coté amusant, le plus intéressant et surtout ce qu’ils veulent. On le voit en tournée.

    J. : … mais on est aussi content que d’autres personnes s’intéressent aux autres chansons.

    C. : C’est ce que font les fans… mais les journalistes et les critiques ne regardent que la partie à boire.

    J. : Mais bon, ca va car c’est aussi une grosse part de nous même maintenant.

    C. : Ceux qui disent ça ne nous écoutent pas vraiment. Ils voient l’album et pensent « ok, c’est ça », ils croient nous connaitre et ce que nous chantons… et notre compagnie de disque insiste aussi sur ce point et veut que nous le développions.

    J. : Enfin, nous somme Finlandais, ce groupe et notre musique est à l’image de la Finlande.



    PF : Vous travaillez sur un nouvel album actuellement. Vous pouvez nous en dire plus ?

    J. : Oui, il sortira le 4 février. Matson a déjà enregistré ses percussions. C’est en train de faire son chemin et bientôt ce seront les guitares… et c’est encore la même chose car nous ne voulons pas changer ce que nous sommes. Quand la musique vient, elle vient et on enregistre. C’est tout naturel.



    PF : Pouvez-vous nous parler des thèmes de l’album?

    [thèmes en anglais se prononce comme team. Ca a donné lieu à un léger malentendu.]

    J. : En effet, la même équipe…

    M. : Ca parle du solstice d’été.

    J. : …la même équipe que pour l’ancien album, le même studio, le même producteur…

    [cui…cui…cui]

    M + C : Oui, mais les thèmes… de l’album…

    J. : ?? Ahhh les thèmes ! [“not the team”]. C’est le solstice d’été, la Saint-Jean Juhannus en Finlande. C’est très ancien, ca s’appelle Ukonvakka, c’est une sorte de sacrifice à Ukko, dieu du tonnerre…

    M : … et du rock and roll…

    J. : … et de la bière. Dans l’ancien temps, c’était une grande fête où les gens buvaient et s’accouplaient partout.



    PF : On a la même chose ici en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne…

    J. : Vous buvez et vous vous accouplez partout ! [rires]



    PF : Un album par an, n’est-ce pas un peu trop ? Comment faites-vous pour écrire, composer et partir en tournée au même moment ?

    J. : C’est une sorte de besoin…

    M. : Pendant trois mois et le mois prochain, ils vont enregistrer leurs instruments… c’est seulement parce qu’on a des pauses qu’on peut le faire.

    J. : C’est une sorte de besoin de créer des chansons, c’est notre boulot, mais ca n’a jamais été un problème ! Ca vient de soi-même. C’est un besoin d’enregistrer car sinon ca reste en tête et ca nous ennuie. Il faut nettoyer ca. C’est la même chose que d’aller aux toilettes le matin, sinon on se sent malade [merci l’image].

    C. : Comme faire un album ne prend pas un an mais peut-être un mois, on réserve le studio et hop, c’est fait ! Ca va vite.

    J. : Et là on **** [rires]

    C. : Hum, non, non, ca va vite quoi ! Comme ça on peut reprendre la route des concerts.

    J. : Sinon, on ne se sent pas bien. [re-rires]

    [Gargouillements énormes du ventre de Cane, gros fou-rire général]



    PF : Vous devez faire des compromis pour gagner en popularité ou vous refusez et laissez les choses venir d’elles-mêmes ?

    J. : Et bien, nous ne voulons pas faire ce que nous faisons mais on voudrait être plus populaire ! [rires] Non, bien sur, on fait ce qu’on a envie de faire mais on aimerait être plus célèbre car ça apporterait plus de pain dans la soupe. Tout le monde à besoin d’argent.

    C. : Parce que la vie de tous les jours, on s’ennuie…

    J. : Oh oui, on s’ennuie ! On doit faire des compromis. Par exemple, si on doit être à un concert, travailler tous les jours à coté c’est dur. Cane a déjà été renvoyé à cause de cela. C’est pénible, on doit se battre pour vivre et c’est très difficile.

    C. : Mais la compagnie ne nous dit pas quoi faire…

    J. : Oh non !

    C. : C’est toujours : « c’est bien, fait ce que tu veux, pas d’importance… »

    J. : Ils nous font confiance.

    C. : Mais toi [Jonne] tu t’inquiètes tout le temps ! « Et ca, et ca, ca va ? »

    J. : Oui, c’est surtout moi qui m’inquiète ! Je demande tout le temps si c’est bon et eux me disent : « Hé, Jonne, on te fait confiance ! Fais ce que tu sens, ça donne toujours bien ! ». On a vraiment les mains libres.



    PF : Malheureusement, vous avez toujours besoin d’un travail à coté pour vivre.

    C. : Moi, je travaille… dans un entrepôt, j’aligne des boites !

    J. : Moi je ne travaille pas. C’est trop difficile à gérer en étant si souvent absent.

    M. : Moi non plus, Korpiklaani est mon seul emploi.



    PF : Vous vous donnez à 100% sur scène, vous n’avez pas besoin d’artifices comme les Apokalyptischen Reiter ou In Extremo. Comment expliquez-vous autant de joie à vos concerts ?

    J + C: Déjà, ces groupes n’ont rien d’autre ! [rires]

    C. : On n’a pas besoin de ca. Si les gens voient que vous êtes heureux et que vous aimez ce que vous faites, ils sont contents. Ils veulent être heureux avec nous. C’est le même principe quand les gens se rassemblent pour boire ou faire la fête. Ils veulent s’amuser ensemble…

    J. : … et passer un bon moment.

    M. : Ca marche très bien sans feux d’artifice.

    J. : On s’amuse sur scène. C’est comme de jouer dans un champ, on peut faire ca partout où l’on veut. On veut juste jouer du folk métal bien sympa et partager ça.



    PF : Vous allez jouer avec Eluveitie bientôt, un autre groupe folk. Vous les connaissez ?

    M. : Bien sur !

    J. : On a le même label. En plus, on a déjà joué ensemble il y a cinq ans.

    C. : On a fait notre premier Paganfest ensemble. Ils étaient douze à l’époque, c’était énorme !

    J. : Ce sont aussi des amis, on a pris de nombreux verres ensemble. La dernière fois d’ailleurs aux Pays-Bas, à Amsterdam, on était bourré à plusieurs endroits en même temps car on faisait du stop…

    M. : Hum ! C’est une autre histoire !



    PF : Enfin, avez-vous un message pour vos fans français ?

    M. : Oui…

    J. : On vient de France justement et on a passé un super moment. J’ai vu de la lumière dans les yeux et des gens heureux…

    C. : Oui, on se voit en Octobre, venez nombreux !

    J. : Lors de cette tournée, la plupart des concerts sont en France, cinq concerts !

    C. : On fait douze pays. C’est un concert par pays, sauf en France…

    J. : … où c’est cinq. Il y a une raison! C’est pour les français…

    C. : On n’a pas beaucoup été les voir.

    J. : Voici venu le moment pour la France !


    Interview disponible sur Pagan France.
  • Interview avec Rædwalh (Wodensthrone)

    19. Jan. 2011, 17:43



    Pagan France : Bonjour Rædwalh et merci pour votre interview. Pourrais-tu déjà nous expliquer comment tu as rejoint le groupe ? Connaissais-tu Wodensthrone auparavant ?

    Rædwalh : J’ai rejoins le groupe fin 2006. J’étais déjà fan de Wodensthrone, que j’avais pu voir en live plusieurs fois, sur des scènes locales. J’étais assez proche des musiciens et ils savaient que je me débrouillais suffisamment à la guitare pour remplacer Eldbeorn quand il a décidé de quitter le groupe. Depuis que j’ai rejoint Wodensthrone, je pense avoir contribué à l’unité du line-up, et je me sens comme si j’avais toujours fait partie du groupe.



    PF : Peux-tu nous parler de la création du groupe ? D’où est venue l’idée ?

    R : Comme souvent, le groupe a commencé comme rassemblement de musiciens qui voulaient jouer du metal. En fait, ils m’ont raconté qu’à leur première répétition, ils voulaient jouer du death metal, mais les choses ont assez vite évolué vers le black metal que les gens peuvent aujourd’hui percevoir chez Wodensthrone. Je pense que c’est une direction assez logique quand on sait que c’étaient Hréowsian et Wildeþrýð qui menaient les choses et qu’ils écoutaient beaucoup de black metal à cette époque. Désolé de décevoir ceux qui pensaient que Wodensthrone a été fondé lors d’un rituel païen !



    PF : Quels sont les influences de départ de Wodensthrone? Sont-elles toujours les mêmes ?

    R : Les premières influences se remarquent bien dans la musique qu’on propose. On peut citer Emperor, Drudkh, Hate Forest, les débuts d’Enslaved, Primordial, etc… Nous sommes souvent assimilés à de nombreux grands groupes de black metal sans être vraiment concernés par ceux-ci. Nous sommes constamment à la recherche de nouveaux groupes à écouter et je suppose que nous faisons partie d’une nouvelle vague de black metal qui fait ses débuts en Angleterre, je pense qu’il est donc juste d’avouer que nos influences ont quelque peu évolué. Actuellement on écoute des groupes comme A Forest of Stars, Fen, Altar of Plagues ou encore Wolves in the Throne Room, des groupes assez « progressifs » (à défaut d’un meilleur terme) dans leur approche du genre. Nos influences viennent d’artistes plus expérimentaux, qui essaient de défier les conventions que respectent la majorité des groupes. Ne pas pouvoir être facilement catégorisé est pour nous une forme de succès, on va donc continuer à expérimenter tout en restant fidèles aux racines du black metal, qui nous tourne toujours autour quand on compose.



    PF : Au début de votre aventure, aviez-vous le désir de sonner comme certains groupe ou au contraire d’avoir immédiatement votre propre identité ?

    R : Je pense qu’on a un peu imité nos groupes favoris lors des premières scènes, mais on a rapidement essayé de se dégager de ces premières influences en enregistrant le split avec Niroth. Je pense que tout groupe peut avoir sa propre identité s’il essaye de faire des compositions originales, et Wodensthrone essaie toujours d’aller dans ce sens. Loss sonne différemment du split, et le prochain album sur lequel nous travaillons actuellement sonnera différemment de Loss. Nous sommes un groupe en constante évolution, et surtout nous essayons de ne pas salir notre musique avec des idées de groupes auxquels on voudrait ressembler. Si l’on compose quelque chose de trop banal ou qui a un air de déjà entendu, nous supprimons parfois cette idée, mais souvent on la réutilise en la changeant pour qu’elle nous corresponde.



    PF : Comment composez-vous ? La musique puis les paroles, l’inverse, les deux à la fois ? Est-ce que tout le monde participe à ce travail ?

    R : C’est une bonne question, car nous sommes actuellement au milieu du travail de composition pour le prochain album. En général, on écrit d’abord la musique, les paroles viennent ensuite. Mais pour le nouvel album, on a une bonne idée de concept, du moment que les riffs suivent, nous voilà donc dans un cas où les deux éléments viennent en même temps. On écrit cette fois des morceaux qui doivent coller au concept global, qui devrait être constitué de sept ou huit parties, pour autant que je me souvienne. Loss a surtout été composé par Wildeþrýð, avec quelques idées en plus proposées par les autres lors de l’enregistrement de l’album au studio, en Roumanie. Mais cette fois, Árfæst et moi-même essayons de proposer des ajouts aux structures de départ. Hréowsian compose toutes les percussions et décide souvent des structures, de comment le titre doit être construit. Gerádwine s’occupe de ses lignes de basse en s’inspirant du jeu de guitare et Brunwulf apporte sa patte aux paroles et à ses arrangements vocaux. On peut dire que pour cet album, encore plus que par le passé, nous avons travaillé comme une équipe et le succès est au rendez-vous. Personne n’impose vraiment son autorité dans Wodensthrone et si l’un de nous n’est pas fan de ce que nous faisons, il n’hésite pas à le dire jusqu’à ce que nous soyons satisfaits de nos compositions.



    PF : Je sais que cette question sonne un peu « cliché » mais nous aimerions savoir d’où vient votre inspiration, tant pour la musique que pour les paroles ?

    R : Nous sommes inspirés par la musique que nus voulons entendre. Dans notre époque nous sommes sujets à une agitation permanent, nous ne sommes jamais à court d’influences nouvelles. Pour un groupe de black metal comme le notre, ces inspirations sont souvent enracinées dans l’aversion à certaines pratiques dans notre société. Mais il est important de garder à l’esprit que Wodensthrone a toujours été un moyen de mettre en avant certains aspects spirituels et païens, et en tant que groupe, notre but n’est pas de transmettre la haine. Plutôt que ça, on intériorise cette colère afin de la transformer en quelque chose de plus artistique, plus difficile à définir que de la simple haine. La musique nous vient donc assez naturellement, c’est une réponse artistique à notre environnement, qu’il soit le quotidien urbain ou les endroits plus sauvages, tels que la campagne ou les côtes, et que nous adorons. Notre musique contient beaucoup de tristesse, et nous continuerons à composer de cette façon car cela permet d’extérioriser nos émotions. Nous trouvons ça plus intéressant et plus profond que de répondre aux souffrances du monde en proposant la musique la plus banale et brutale qui soit. Ce qui ne veut pas dire que nous n’aimons pas ce genre de musique, elle n’est juste pas vraiment présente dans le travail de composition de Wodensthrone.



    PF : Vos paroles se réfèrent souvent à la nature, au paganisme ou à l’Angleterre du Moyen Âge. Pourrais-tu nous dire ce que tout cela représente pour vous ? Vos racines, vos croyances ? Ces éléments prennent-ils une part importante dans votre vie ?

    R : Nous avons mis pour cadre à notre musique le paganisme pré-chrétien, et nous continuerons à rendre hommage à la religion populaire dédiée à Woden, qui nous inspire spirituellement (et au niveau du nom du groupe, bien sûr). Mais nous n’essayons pas d’attirer les gens vers nos croyances ou de placer celles-ci au-dessus d’autres traditions populaires. Si nous partageons certains points de vues avec certaines d’entre elles, nous n’utilisons pas notre musique pour prêcher un soi-disant idéal à l’auditeur. Nous utilisons plutôt les légendes un peu perdues de l’ancienne Grande-Bretagne afin de mettre en lumière des éléments de notre époque moderne. Les aspects païens dont nous parlons se réfèrent à un contexte historique – par exemple dans AD597 de [album artist=Wodensthrone]Loss[/album], nous parlons de l’arrivée des chrétiens romains en Angleterre – mais c’est vraiment le contexte et le bouleversement de l’histoire qui est primordial ici, nous n’avons pas le mérite de vouloir vous convertir à certaines valeurs religieuses. L’histoire de peuples indigènes et « païens » exterminés et effacés par des envahisseurs soi-disant civilisés se trouve dans le monde entier et à toutes les époques. Nous utilisons ces thèmes de conflit pour galvaniser notre musique au niveau des paroles, qui serait moins structurée et plus floue sans les mots pour l’accompagner. C’est la connexion instinctive à notre environnement qui nous amène vers des études historiques, alors que nous essayons de résoudre nos propres tensions intérieures, tout en les associant aux éternels conflits que nos ancêtres ont eu à affronter, des conflits tant spirituels que sociaux. Et n’oublions pas que l’histoire qu’on nous enseigne à l’école est biaisée ou très limitée dans sa vision. Du coup, en vieillissant et en devenant plus « sage », cela devient un engagement personnel de rechercher certaines vérités qui peuvent être cachées. Mais si l’on s’intéresse, en tant qu’étudiants de l’histoire assidus, aux pratiques et aux traditions de nos ancêtres, et que l’on voit que nombre de leurs coutumes sont toujours très valables aujourd’hui, rien de tout cela n’importe autant que la musique. Si les paroles, ou même le nom du groupe, évoquent à l’auditeur certaines idées, tant mieux. Mais dans le futur, nous décevrons sans doute ces personnes s’ils pensent que nous resterons fidèles à une quelconque idée reçue selon laquelle le paganisme serait la seule inspiration du black metal, ou de faire de « l’Heritage Metal », comme le nom a été récemment mis en avant. Même si nous apprécions le fait d’être membres de ce mouvement et que nous reconnaissons partager certaines choses avec d’autres groupes affiliés à celui-ci, nous ne voulons pas le laisser nous définir. Nous voulons plutôt construire notre propre identité à travers de ce qui existe déjà, éviter d’être catégorisés avec un pauvre sous-genre de musique et d’être pointés du doigt comme nationalistes. Disons que notre appartenance à tel ou tel mouvement n’est pas notre préoccupation dans la musique. Comme nos relations avec notre environnement sont uniques et nous inspirent de différentes façons, l’expérience du public à l’écoute de Wodensthrone devrait refléter cela. Les thèmes que nous utilisons pour nos paroles font souvent appel à d’anciens archétypes destinés à permettre à l’auditeur de s’évader de la vie si confuse et matérialiste du 21e siècle. Ce « rituel » est essentiel pour nous, en tant qu’artistes pointant du doigt les malheurs de notre société. Mais encore une fois, si les mots ont des significations concrètes et tangibles, la musique devrait rester éternelle et universelle. J’imagine que les paroles sont une prolongation de la musique et informe l’auditeur sur son contenu. Mais cela reste la représentation technique et textuelle de quelque chose aussi inexprimable que la musique.



    PF : Aujourd’hui de nombreux groupe se présentent comme « pagan », que penses-tu de cette scène ? Et des idées qu’elle développe ? Penses-tu que c’est un moyen d’être « in » et d’attirer les fans du genre ?

    R : Les genres sont justes pratiques pour les personnes qui catégorisent la musique. La scène pagan metal va des groupes qui utilisent le terme pour se poser en membres d’une mouvance tandis que d’autres, comme Wodensthrone, essaient d’outrepasser les conventions du genre tout en rendant hommage à ses racines. Quand je pense « groupes de pagan », je pense à Bathory ou Moonsorrow par exemple. Mais je doute que les personnes derrière ces groupes se sentent vraiment concernés par l’appartenance à une quelconque scène. Le paganisme a de nombreuses formes, et si on l’applique au metal je pense que c’est surtout pour différencier les groupes satanistes et ceux qui ont une admiration pour la culture européenne pré-chrétienne. Je pense qu’un groupe comme le notre, qui s’intéresse à notre histoire régionale et aux traditions populaires sera toujours reconnu comme membre d’un mouvement pagan au sein du black metal, mais si certains utilisent cette association pour attirer des fans, Wodensthrone n’a jamais fait de choix pour appartenir à un quelconque sous-genre. Nous commençons à être vus comme trop black metal pour les fans de pagan metal, et vice-versa. Nous sommes donc contents pour les gens qui se font leur propre opinion à propos de notre style.



    PF : On sait que la tournée avec Negură Bunget est un moment important de votre histoire. Comment l’avez-vous vécu ? Quelles étaient les relations avec le groupe ?

    R : Nous avons joué avec Negură Bunget en 2006 à Sunderland, notre relation avec eux s’est développée jusqu’à enregistrer Loss en Roumanie, dans leur pays natal. A cette époque, je faisais encore partie du public, vu que je venais de rejoindre le groupe. Nous avons tous été inspiré par leur chef d’œuvre, OM, et ils semblaient apprécier ce que nous faisions, ils nous ont donc proposé d’enregistrer notre premier album si on trouvait un moyen d’aller en Roumanie avec eux. L’idée a mis du temps à se concrétiser mais deux ans plus tard, nous y sommes allés deux semaines pour travailler à cela. C’était un très bon moment pour nous, durant laquelle se sont forgées de fortes relations, particulièrement avec Huppogramos et Arioch, qui ont produit et mixé l’album avant de quitter le groupe pour former Dordeduh. Nous sommes toujours en contact avec eux et nous espérons faire quelques concerts avec Dordeduh quand ils commenceront à tourner.



    PF : Après cette tournée, vous êtes donc allés en Roumanie enregistrer votre premier album aux Negură Studios. Est-ce que c’était plus difficile que pour les splits ? Plus professionnel ? Comment était l’atmosphère à Timisoara ?

    R : L’enregistrement de Loss en Roumanie était mon premier enregistrement en tant que membre de Wodensthrone, je ne peux pas vraiment parler des différences entre celui-ci et ceux des splits. Cependant, j’imagine que l’expérience de Timisoara était plus intense vu la chaleur qu’il y faisait. De plus, nous disposions de seulement deux semaines pour enregistrer un album de plus de 70 minutes. Nos journées étaient très longues et nous nous sommes concentrés sur l’enregistrement des diverses parties sans vraiment faire attention au mixage à ce moment-là. Arioch et Huppogramos étaient très professionnels et nous avons beaucoup appris sur les techniques d’enregistrement grâce à eux. Ils avaient du très bon matériel dans leur studio et nous avons utilisé ne configuration similaire à celle qu’ils avaient pour l’enregistrement de OM. Finalement je dirais que l’expérience dans les Negură Studios est un excellent souvenir et a fait de Loss quelque chose dont nous sommes très fiers. L’ambiance à Timisoara était unique. Je pense que les roumains pouvaient deviner que nous étions anglais rien qu’en nous regardant, mais ils étaient très sympa. Nous avons passé de très bonnes soirées après avoir terminé l’enregistrement. Ce serait un plaisir de retourner là-bas un de ces quatre.



    PF : Peux-tu nous parler de ton background musical ? Quels sont tes artistes et tes albums préférés ?

    R : Je joue de la guitare depuis que j’ai 12 ans, influencé par une grande variété d’artistes à travers les années. Ca va de Hendrix et Joe Satriani dans les premières années à des groupes plus extrêmes aujourd’hui. Si je devais choisir quelques artistes préférés, je dirais Steve Vai, Pink Floyd, Pantera, Opeth, Dream Theater, Meshuggah, Morbid Angel, Nile et Emperor.



    PF : Est-ce que tu connaitrais les préférés des autres membres de Wodensthrone ?

    R : Je pourrais difficilement faire un top 10, mais je peux vous faire une courte liste :

    Negură BungetOM

    Jeff BuckleyGrace

    Pain of SalvationRemedy Lane

    Devin TownsendAccelerated Evolution

    Pink FloydThe Wall

    CryptopsyNone So Vile

    MeshuggahNothing

    Lykathea AflameElvenefris

    EmperorIn the Nightside Eclipse

    Celtic FrostMonotheist



    J’ai demandé à Wildeþrýð son top 5 :

    BathoryTwilight of the Gods

    AnathemaThe Silent Enigma

    Morbid AngelAltars of Madness

    Cold Northern Vengeance - Domination And Servitude

    Beherit - Drawing Down the Moon


    PF : Quels sont vos dernières écoutes ? Avez-vous un album favori pour 2009 (hors Loss bien sûr) ?

    R : L’album éponyme d’Absu. Quelques autres lui font concurrence mais j’ai pris une grosse baffe en l’entendant la première fois. Je n’en suis pas encore lassé depuis.



    PF : Loss est sorti il y a quelques mois. Avec le recul, comment le trouves-tu ? Penses-tu qu’il propose le meilleur de Wodensthrone ? Déjà quelques idées pour le prochain album ?

    R : Nous avons pas mal progressé depuis Loss, si on en juge par nos plus récentes sessions de composition. Nous en sommes quand même très fiers et n’avons aucun regret. Nous avons pris la bonne décision en allant en Roumanie et en l’enregistrant de cette manière. Je pense que Loss représente notre arrivé à maturité en termes de composition et c’est un très bon album, mais nous pensons introduire des éléments de black metal plus violent dans notre album. Malgré tout, nous garderons le côté épique et un peu mélancolique que nous avons installé dans notre son. Le groupe a maintenant trois guitaristes (Arfæst qui est derrière les claviers est aussi l’un des members de The Axis of Perdition, entre tous ses projets), nous avons beaucoup de riffs et d’idée pour le nouvel album. Alors que je vous réponds, tout cela commence à prendre forme. Nous sommes pressés de l’enregistrer, ce qui devrait peut-être commencer l’an prochain.



    PF : Quels sont vos projets maintenant ? Avez-vous prévu de partir en tournée ? Si c’est le cas, peut-on espérer vous voir en France ? Ça serait super !

    R : Nous avons prévus de tourner en Europe l’an prochain, voire avant, on passera donc surement en France. Nous attendons l’opportunité de réaliser ce projet, dans l’idéal il nous faudrait tourner avec un groupe assez connu vu que ce sera la première fois que nous jouons en dehors de Grande-Bretagne.



    PF : Que représentes la France pour toi ? Que penses-tu de ce pays et des français ? Ecoutes-tu des artistes français parfois ?

    R : On adore les artistes français, particulièrement les groupes de black metal. Neige est présent dans la plupart d’entre eux – Alcest restant mon préféré – mais nous sommes aussi de gros fans de Deathspell Omega. Je pense que les français ont vraiment compris comment faire du bon black metal. Deathspell est un groupe de metal extrême vraiment exceptionnel. J’aime aussi beaucoup Belenos, dont l’approche du black metal a pas mal de choses en commun avec la notre. Bien sûr, vous disposez aussi de groupes plus connus comme Gojira, qui sont très bons dans le death metal. Le metal français a vraiment vu naître de nombreux porte-étendards du style ces dernières années.



    PF : Un dernier mot pour les membres de Pagan France et nos lecteurs ?

    R : Merci beaucoup pour votre patience, car nous avons mis longtemps pour répondre à cette interview ! Nous sommes très honorés que vous nous ayez contacté et nous espérons que les fans français seront présents quand nous passerons dans votre pays l’an prochain. Gardez l’esprit black metal en vie d’ici là !

    Avec mes remerciements, Rædwalh. (ndlr: en français, s’il vous plaît !)



    Interview disponible sur Pagan France.
  • Interview avec le groupe Equilibrium au grand complet lors du Pagan Fest à Anvers…

    14. Jan. 2011, 17:52



    Pagan France : Comment vous sentez-vous avant cette dernière date des “extended shows” ?

    Tuval « Hati » Refaeli (Batterie) : Je suis nouveau dans le groupe, alors je suis vraiment impatient, jouer en Europe, c’est un rêve qui devient réalité pour moi! Je me sens vraiment chanceux, c’est une expérience exceptionnelle que d’être sur cette super tournée, avec des groupes géniaux, jouer avec eux tous… vraiment extra!

    Pagan France : Quel est votre ressenti sur les shows passés de cette tournée ?

    René Berthiaume (Guitare) : Nous n’avons fait que les trois derniers shows, parce que nous nous sommes séparés de notre chanteur et de notre batteur, et nous avons donc du en annuler certains. Ces shows étaient vraiment épatants pour nous. Il y a eu une date en Allemagne, et hier nous avons joué à Amsterdam, c’était vraiment un concert très bon, dans une salle vraiment chouette.

    Tuval : Oui, le public était vraiment bon !

    Pagan France : Pourquoi n’étiez-vous pas sur l’affiche de toute la tournée Paganfest ?

    René : Cela fait partie des décisions des tourneurs. Ils prévoient une nouvelle tournée Heidenfest en septembre et nous ferons partie du line-up de base avec Ensiferum, Swashbuckle, Heidevolk, et il y aura probablement des guests aussi. En plus, pour le moment, nous sommes toujours en plein dans la production de notre nouvel album.

    Pagan France : Avez-vous des anecdotes particulières sur un excellent souvenir ou un très mauvais souvenir pendant un concert ? (blanc, rires…) Oui, c’est ce qu’on appelle “la question ennuyeuse” !

    Andreas Völkl (Guitare) : (rires) J’ai salué la mauvaise ville; je ne m’en suis pas rendu compte sur scène. Robse, notre chanteur, a corrigé mon erreur, alors ça a été.

    René : Hier, nous étions à Amsterdam, et il a dit « Bonsoir Anvers ! »… il était confus après ça. Peut-être que ce soir il dira « Bonsoir Amsterdam ! » (rires)

    Tuval : Il y a eu un autre truc: lors des deux derniers concerts, nous étions sensés avoir un set plus long, mais à cause des retards, nous avons dû annuler la dernière chanson, « Nordheim », par deux fois.

    René : Peut-être que ce soir on y arrivera!



    Pagan France : Pendant le Heidenfest, vous avez joué une fois en sous-vêtements… vous vous sentiez comment ?

    Andreas: C’était génial parce que nous n’avons pas sué tant que ça, on se sentait vraiment à l’aise. Alors que nous jouions, sur scène, on se regardait et on se disait « Wow, quelque chose a changé ! » (rires). C'était vraiment bien !

    Pagan France : Avec quel groupe voudriez-vous jouer ?

    Tuval : Seulement issu de la scène folk/viking ? Ah ! N’importe quel groupe ! Il y a vraiment une tonne d’excellents grands groupes dont je suis fan, je ne peux pas lancer des noms particuliers, comme ça, mais la liste est très longue. Donc non, je ne veux pas donner de nom comme ça, il y en a beaucoup trop.

    René : J’aimerais jouer avec Wintersun, peut-être un jour!

    Pagan France : Dans votre biographie, il est mentionné que vous avez débuté comme un groupe de reprises. Quels sont les groupes que vous repreniez ?

    René : A l’époque, nous reprenions les groupes que nous aimions : Iron Maiden, Dimmu Borgir, Hypocrisy

    Andreas : Cryptic Wintermoon

    Sandra Völkl (Basse) : Sepultura !

    René : Nous y avions pensé, mais nous n’en avons jamais joué...

    Andreas : A part lors des répètes…

    René : Le groupe que nous avons repris le plus, c’est Dimmu Borgir, nous en avons joué 4 ou 5 morceaux. Même quand nous avons commencé à tourner avec nos propres chansons, nous en jouions toujours un ou deux morceaux dans notre set.



    Pagan France : En parlant du groupe plus généralement, vous venez d’engager un nouveau chanteur. Est-ce que ce n’était pas trop dur pour toi, Robse, d’apprendre toutes ces chansons en un si court laps de temps ?

    Robse : (parle allemand, traduit par René) Quand on m’a appelé, j’étais vraiment excité, j’avais ce grand but pour l’avenir, alors j’ai répété tous les jours, on m’a envoyé les paroles et la musique, et je suis allé dans ma salle de répète, et je me suis entrainé tous les jours, et j’étais prêt en seulement quelques jours.

    Pagan France : De quoi parlent vos paroles ?

    René : Le premier album traite beaucoup des mythologies allemandes et Nordiques. Notre second album, Sagas, a été principalement inspiré par des choses individuelles et personnelles, bien que toujours inspiré par différents contes et mythologies.

    Pagan France : Surtout sur notre nouvel album, il y a beaucoup de variété dans les histories. Ah oui, les jeux vidéos aussi. Ça n’a pas a toujours être vraiment vieux, nous parlons aussi de choses du présent. La partie intéressante est que tu peux donner de nombreuses interprétations différentes.

    Andreas : Parfois, elles sont basées sur la mythologie, mais ça peut aussi être très personnel, ce n’est pas fixé à des noms de dieux, par exemple.

    René : Auparavant, notre ancien chanteur écrivait les paroles, maintenant nous avons changé le processus pour l’album à venir, c'est Andy (Andreas) qui les a écrite.



    Pagan France : Justement, pouvons-nous avoir quelques informations sur l’album à venir ?

    René : Nous avons déjà fait presque tous les enregistrements, il manque quelques parties chantées ainsi que quelques parties de clavier et quelques orchestrations. Dans deux semaines, nous en aurons fini et enverrons le tout à notre label.

    Pagan France : Qu’est-ce qui vient en premier ? La musique ou les paroles ?

    René : Ça dépend. Sur les premiers albums, la musique venait d’abord puis Andreas écrivait les paroles. Parfois, les paroles viennent avant, je vois les paroles et commence à écrire la musique. Sur le nouvel album, c’est intéressant : Andreas et moi avons travaillé de concert : je pensais au rythme des paroles, ça l’a aidé à les écrire.

    Andreas : J’ai écrit les paroles qui correspondaient aux lignes mélodiques.

    Pagan France : Qu’est-ce qui vous a amenés à composer une chanson aussi longue que “Mana” ? Est-ce que vous l’avez déjà jouée en concert ?

    René : Pour répondre à la deuxième question: non, nous ne l’avons jamais jouée. Pour cela, il nous faudrait un set plus long. Nous ne pouvons pas la jouer sur un set de 30 ou 40 minutes, sinon la moitié du concert passerait dans ce morceau. Pour revenir à votre première question, je me souviens que sur Sagas, alors que nous avions toutes les autres pistes, je n’étais pas satisfait parce que je n’avais aucune idée de la chanson à mettre pour conclure l’album, alors je me suis dit « OK, j’ai besoin d’écrire une chanson qui convient à la fin de l’album ! », puis j’ai commencé à composer, et c’est devenu de plus en plus long, et nous n’avions pas le temps d’écrire les paroles qui allaient avec… et ce morceau avait tant de musique et de mélodies en lui que nous nous sommes dit qu’il n’y avait pas de place pour les paroles. C’est ainsi que nous avons décidé : « OK, ça sera donc une chanson instrumentale ! »

    Pagan France : Quelque chose de complètement différent : quelle est votre bière préférée?

    (rire général)

    Robse (en Allemand) : Ich drinke alles!

    René : Il boit toutes les bières !

    Andreas : Nous avons tellement de bonnes marques, je ne me suis pas fixé sur une. Peut-être qu’il est plus facile de trouver ou de boire…

    Robse : Urquell!

    Tuval : Peut-être celle-là, oui!

    Andreas : … une bière originale, alors nous l’aimons. Il n’y a pas de bière particulière que je préfère.

    Tuval : Tant qu’il y a de l’alcool… Ca n’a pas d’importance ! (rires)

    René : C’est facile de le contenter!

    Tuval : J’ai de très basses attentes…

    Pagan France : Avez-vous quelque chose à ajouter pour les fans francophones ?

    Andreas : Nous attendons le prochain concert à Paris avec beaucoup d’impatience… en mai, c’est ça? Nous sommes vraiment impatients, le dernier concert du Heidenfest était vraiment sympa, et c’était très excitant pour nous, nous sommes contents d’y jouer à nouveau.

    Pagan France : En sous-vêtements à Paris, peut-être?

    Andreas : Hahaha, non, pas trop vite.

    René : Peut-être qu’il faudrait qu’on aille faire de l’exercice avant, et alors, peut-être que…

    Tuval : Nous avons également besoin d’une base relationnelle avec les Français !

    Merci beaucoup et à la prochaine ! Profitez-bien du concert


    Interview disponible sur Pagan France.
  • Interview avec Heol Telwen lors du Cernunnos Pagan Fest 4 à Paris le 24/01/2010

    14. Jan. 2011, 17:36



    Pagan France : Tout d’abord bonjour et merci de nous accorder quelques instants pour cette interview pendant cette nouvelle édition du Cernunnos Pagan Fest.

    Yskithyrwynn : Avec plaisir et merci à toi également.



    Pagan France : Que signifie le nom Heol Telwen ?

    Yskithyrwynn : Heol Telwen signifie Soleil Sombre en breton.



    Pagan France : Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire du Celtic Folk Metal ?

    Yskithyrwynn : Plein de choses en fait, cela est venu graduellement. Au départ on était plus influencé Black/Death puis c’est des groupes comme Aes Dana et Cruachan qui nous ont donné envie d’aller vers ce style.

    Ossian : Il y a également la musique folk, bretonne et celte comme Alan Stivell qui nous a confirmé l’envie d’aller vers ce style.

    Gwadsech'hedik Kraban : Et bien sûr les groupes de la première vague de Folk Metal.



    Pagan France : Qu’elles sont vos inspirations et influences pour créer votre univers celtique ?

    Gwadsech'hedik Kraban : J’dirais essentiellement les légendes celtiques et gauloises. Plus particulièrement l’imaginaire, les paysages et les superstitions. Par contre rien à voir avec les religions, plus les mythologies, Brocéliande par exemple.

    Yskithyrwynn : Notamment des mythes irlandais qu’on a retrouvés et qu’on a utilisés.



    Pagan France : Quel est le thème majeur de l’album An Deiz Ruz ?

    Yskithyrwynn : Il y’a pas vraiment de thèmes majeurs sur cet album. C’est plutôt une sorte de « collection » de mythe et de folklore irlandais.

    Ossian : Mais on réserve un concept album pour le prochain album.



    Pagan France : Est-ce qu’on peut avoir des informations à ce sujet ?

    Yskithyrwynn : Cet album sera essentiellement basé sur la légende de la cité d’Ys, qui est l’Atlantide breton.

    Ossian : Ils nous restent encore quelques titres à finir.

    Yskithyrwynn : D’ailleurs ont a joués deux titres ce soir mais il reste encore quelques titres à faire comme le dit Ossian.

    Gwadsech'hedik Kraban : Mais on a d’abord un souci de label important à régler (rires), mais pour le moment l’album est en cours.

    Ossian : Tout ce qu’on peut dire, c’est que ça ne sera pas pour 2010 mais pour 2011 on espère le faire.



    Pagan France : D’ailleurs, comment se fait le travail de composition ?

    Heol Telwen : C’est lui (rires, en montrant Gwadsech'hedik Kraban).

    Gwadsech'hedik Kraban : En général, c’est moi qui écrit les musiques. Donc j’arrive avec les maquettes, le gros paquet (rires), que je ramène en répétition. Mais en général on s’arrange ensemble.

    Yskithyrwynn : Donc oui Gwadsech'hedik Kraban avec la structure de travail ou des morceaux complets. Ensuite on les retravaille.

    Hades : Oui vu que Gwadsech'hedik Kraban est guitariste, chanteur et il fait la flûte aussi donc c’est pratique en fait (rires). Il te reste la batterie (rires).

    Gwadsech'hedik Kraban : Donc oui c’est assez complet dès le départ.

    Yskithyrwynn : Mais on a également une possibilité d’expérimentation, donc c’est intéressant au final.



    Pagan France : J’ai vu sur votre site que vous aviez fait des concerts à l’étranger (Allemagne, Suisse, Italie, Pays-Bas). Comment avez où été accueilli lors de ces concerts ?

    Gwadsech'hedik Kraban : On a toujours été bien reçu, peut être même mieux qu’en France.



    Pagan France : Meilleur public ?

    Gwadsech'hedik Kraban : Non, non pas du tout bien au contraire. C’est surtout au niveau de l’organisation car il y a beaucoup plus de moyen.

    Yskithyrwynn : En France, le Metal est beaucoup moins connu donc il y a beaucoup moins de facilité d’organiser quelques choses par rapport a un pays comme l’Allemagne. Mais on ne blâme pas du tout les orgas française au contraire. Ils font ce qu’ils peuvent mais ce n’est pas forcément simple, car moins d’aide pour ce type d’évènement. Mais ce qu’ils font, ils le font bien.

    Ossian : A part avec les Acteurs de l’Ombre qui a vraiment les moyens de faire des choses intéressantes grâce à l’expérience de nombreuses années.

    Yskithyrwynn : Mais c’est vrai qu’en Allemagne, y’a plus d’organisateurs et beaucoup plus de salle aussi grande voir plus que celle là (Elysée Montmartre).

    Gwadsech'hedik Kraban : L’arrêt de la Loco va pas aider non plus car cette salle accueillait beaucoup de concerts donc ça va être encore plus compliqué maintenant.



    Pagan France : Quel sont les pires et les meilleurs souvenirs que vous avez de vos concerts ?

    (Rires générales)

    Yskithyrwynn : Le pire on va dire que c’est malheureusement le Crosnes à cause de TrollfesT car l’orga ont vraiment fait un chouette boulot.

    Gwadsech'hedik Kraban : Ce n’est pas 100% TrollfesT mais on va dire surtout leur ingé-son on va vraiment cibler (rire). Mais on pense que dans l’histoire c’est surtout les orgas qui ont été les plus attristés et ont est vraiment désolé pour eux car il ne méritait pas ça. Sinon le meilleur concert a vraiment été à Giessen en Allemagne.



    Pagan France : Est-ce qu’un éventuel vidéo-clip est envisageable ?

    Gwadsech'hedik Kraban : On y pense oui.

    Ossian : Le problème c’est que les clips dans le Metal Pagan c’est qu’on a souvent à faire a du cliché. Donc on aimerait faire un clip concept qui au final s’éloignerait des clichés. Mais pour le moment ce n’est pas notre but premier.

    Gwadsech'hedik Kraban : Donc oui c’est soit on fait un montage de vidéo live soit on fait un clip concept. Donc on verra pour le prochain album car là on ne va pas faire un clip sur un album qui est sorti il y’a presque 5 ans.


    Pagan France : Que pensez-vous de la scène Pagan/Folk actuel ?

    Yskithyrwynn : Le gros problème qu’on a avec la scène Pagan/Folk c’est qu’on est assimilé à des groupes comme Finntroll alors qu’on n’a rien de festif.

    Ossian : C’est surtout que c’est assez vaste car ça peut aller d’un groupe Black qui a un concept Viking…

    Gwadsech'hedik Kraban : …et ça va jusqu’au Folk Rock à la Tuatha de Danann, donc nous on se considère pas comme ça.

    Yskithyrwynn : Le problème c’est que le Pagan à une étiquette religieuse que nous on n’a pas par exemple.

    Gwadsech'hedik Kraban : Nous on fait vraiment du Celtic Folk Metal.



    Pagan France : Pour vous quelle est la raison de cet intérêt de plus en plus présent envers cette scène mais surtout cette culture ?

    Gwadsech'hedik Kraban : Y’a plein de raisons. On va dire qu’il l’émergence du cinéma fantaisistes et qu’il y a toute une génération qui a grandit avec ça, notamment des jeunes de 10 à 12 ans qui ont grandit avec l’image épique et héroïque du Seigneur des Anneaux qui a marqué pas mal de gens. Puis ils ont associés ça à la musique qui a fait le reste du chemin.

    Yskithyrwynn : Oui au départ ce n’était pas musical mais juste une image, car au départ des groupes comme Burzum ou Satyricon qui au départ faisait parti de la deuxième vague du Black Metal et ont exploité ces thèmes.

    Ossian : C’est sur, car avant qu’il y ait une scission dans le Black, le Pagan Black faisait parti du Black Metal et qui formait une seule et même scène. Nous on le voit car ça fait 10 ans qu’on existe et quand on va dans des concerts de Pagan/Folk ont voit des gens qui sont très jeunes et qui arrivent en écoutant uniquement du Pagan car ces dernières années il y’a eut une recrudescence de groupe de Pagan/Folk qu’il n’y avait pas il y’a 5 ou 6 ans.

    Gwadsech'hedik Kraban : Il faut dire aussi que le Folk Metal est plus accessible. Musicalement c’est moins violent d’écouter du Metal Folk que d’écouter un Morbid Angel qui est pour nous un groupe culte.



    Pagan France : On va changer un peu de sujet maintenant, quels sont vos groupes favoris tout style confondu ?

    Yskithyrwynn : Black Sabbath, Frank Zappa.

    Ossian : Darkthrone.

    Gwadsech'hedik Kraban : C’est très éclectique, du Folk Rock au Metal dans toutes ses formes hormis le Néo Metal.


    Pagan France : Quels sont vos films ou réalisateurs favoris ?

    Heol Telwen : David Lynch.



    Pagan France : Quels sont vos livres ou écrivains favoris ?

    Yskithyrwynn : Albert Camus et Bukowski.



    Pagan France : Merci pour cette interview et bon courage pour la suite. Je vous laisse les traditionnels mots de la fin.

    Heol Telwen : Un grand merci à toi et à Pagan France et bonne chance à votre webzine.

    Yskithyrwynn : « O Sellet War Ar Mor... Ni Zo Enn Tann Hag Enn Anken... »


    Interview disponible sur Pagan France.
  • Interview avec Dani Evans et Gareth Murdock (Alestorm) lors du Pagan Fest à Anvers…

    14. Jan. 2011, 13:35



    Pagan France : Alors, comment vous sentez-vous avant cette dernière date des “extended shows”?

    Dani : Bien!

    Gareth : C’était vraiment cool ! Cette fois-ci, c’était quelque peu différent. Sur le dernier Paganfest, nous avions joué toutes les dates… cette fois, seulement cinq, avec des trous entre chaque. Alors forcément, tu as l’impression de rater une bonne partie de la fête. Tous ces groupes, sur cette grosse tournée, et puis toi, tu arrives pour un ou deux jours…

    Dani : C’était bien sympa de voir tous nos amis, d’Eluveitie et d’autres groupes, finir complètement bourré et nous évanouir… (rires)

    Gareth : Donc oui, je dirais que c’est bien triste que ça se termine ce soir, nous aurions aimé que ça se prolonge !



    Pagan France : Quel est votre ressenti concernant les concerts passés?

    Gareth : Ça a été génial, ces concerts le sont toujours ! Jouer devant de super publics, rencontrer des gens exceptionnels…


    Pagan France : Pourquoi n’avez-vous pas été engagés pour la tournée complète?

    Dani : Je pense que c’est parce qu’on a fait le dernier Paganfest en septembre. Je pense.

    Gareth : A chaque Paganfest, il y a des invités pour des shows spéciaux. A chaque fois. Ils nous ont demandé de le faire, parce qu’après avoir fait le dernier Paganfest, nous étions près à recommencer.


    Pagan France : Avez-vous une anecdote particulière concernant ce qui se serait passé particulièrement bien ou particulièrement mal pendant un concert ?

    (rires)

    Gareth : Pendant un concert? La semaine dernière, après un autre “extended show” à Tilburg, le jour suivant…

    Dani : Oh mon Dieu…

    Gareth : … aux Pays-Bas, le lendemain, et bien, nous vivons à Tilburg maintenant, alors nous avons joué dans une petite salle, peut-être 100 personnes. Nous avons joué deux heures…

    Dani : Nous avons joué “Keelhauled” deux fois, nous avons joué “ Set Sail and Conquer" deux fois…

    Gareth : … et sur scène, nous nous sommes mis une sacrée cuite. Tous ceux qui voulaient nous voir jouer un bon set sont venus la veille, et tous ceux qui voulaient nous voir faire les idiots sont venus ce soir-là. Nous avons dû nous arrêter en plein milieu des morceaux parce que nous étions morts de rire, j’ai même dû aller aux toilettes en plein milieu du set en disant « Excusez-moi, je vais aux chiottes ! » (rires)

    Dani : Nous avons dansé la Macarena et on a fait danser la Macarena au public… c’était un concert fantastique.

    Gareth : Nous aimerions que tous nos concerts soient si stupides!



    Pagan France : La plupart des groupes pagan/folk sont des groupes de metal extreme (death metal, black metal) tandis qu’Alestorm officie plus dans le “heavy metal”. Pourtant, est-ce que vous vous considérez comme faisant partie du meme genre musical?

    Dani : Je ne dirais pas que…

    Gareth : Ce n’est pas la même chose. De toute évidence, je me considère comme membre de la même famille que les groupes d’aujourd’hui, parce que nous mettons tous ces éléments folk dans notre musique, nous nous retrouvons toujours associés à ces groupes sur les affiches. Nous ne sommes évidemment pas un groupe « pagan », nous chantons des chansons au sujet de pirates, de boisson, et ce n’est vraiment pas du tout la même chose. Mais c’est génial, parce qu’on peut aussi jouer avec d’autres groupes : en janvier dernier, nous avons joué avec Grave Digger, et plus tard cette année, ça sera avec Sabaton, et on trouve ça génial de jouer avec eux..

    Dani : Sur le Paganfest, nous sommes mélangés à d’autres genres, c’est bon pour nous.

    Gareth : Il y a peu de chances de voir Finntroll ou Eluveitie en tournée avec un groupe comme Grave Digger ou Sabaton, mais nous, on peut, et c’est cool !



    Pagan France : Vous avez travaillé sur un split-CD avec TYR et Heidevolk, est-ce que c’était une expérience enrichissante ?

    Dani : Nous n’avons jamais vraiment directement travaillé AVEC eux. Les CDs sont sortis aux environs de la tournée «Black Sails », et à cette époque, nous sortions juste du studio, nous avions des démos, trois chansons terminées. Je pense que celles qui sont sur le CD sont des démos, je ne l’ai jamais écouté. Donc nous n’avons jamais travaillé avec eux directement… nous avons tourné avec eux.

    Gareth : Et nous avons vendu ce CD sur la tournée, et je suppose que c’était bien pour les gens qui sont venus assister aux shows.

    Dani : Nous avons vu tout le groupe TYR sur les trois derniers jours à Bochum. Ils sont venus sur scène hier.

    Gareth : En fait, je crois que la sécurité les a éjectés de la scène! (rires)

    Dani : C’est toujours génial de travailler avec eux, parce que ce sont de bons amis.

    Gareth : Peut-être qu’on pourra planifier un featuring sur l’album à venir.



    Pagan France : Justement, est-ce que vous êtes en train de travailler sur un nouvel album?

    Gareth : On a commencé.

    Dani : Une date approximative d’enregistrement est prévue pour janvier, février l’an prochain. Nous avons enregistré « Black Sails » dans la précipitation… cette fois-ci, nous aurons plus de temps pour assembler les chansons.

    Gareth : Cette fois-ci, on commence tout doux, à faire des trucs du genre “Oh! J’ai un riff ! “ (rires) “Oh, et si on l’enregistrait?” Cette fois-ci, il n’y aura pas que de la course contre le temps.

    Dani : J’espère qu’on franchira un palier, juste comme nous l’avons fait avec “Black Sails“

    Gareth : Je suppose que ça sortira… au printemps prochain. Peut-être à cette époque-ci l’an prochain ?


    Pagan France : Pourquoi avez-vous changé le nom du groupe de Battleheart à Alestorm? Est-ce que ça a quelque chose à voir avec une tempête de bière ? (ale-storm)

    Dani : En quelque sorte, notre label avait des soucis vis-à-vis du groupe Battlelore. C’était… ils ne se sentaient pas à l’aise avec ça, n’étaient pas sûrs que ça n’allait pas poser de problèmes. Christopher, alors qu’il était bourré, a trouvé « Hey ! Alestorm ! »(rires) De toute façon, on voulait changer le nom du groupe parce que Battleheart était trop générique.

    Gareth : C’est toujours “Battle-quelque chose”, ou “Quelque chose-heart”, et “Dragon-truc”… il n’y a pas beaucoup de bières ou de tempêtes…

    Dani : Alors yeah, c’est au sujet d’un “Mousse-Tsunami” (rire général)

    Gareth : Il faut s’imaginer quelque chose comme un vent de bière dans une salle… sur scène ! (rires)


    Pagan France : Votre univers tourne autour du personnage de Captain Morgan. Est-il le fruit de votre imagination, ou un personnage historique ?

    Gareth : C’est une marque de rhum! Que dire d’autre ! En gros, c’est une métaphore géante pour se saouler.

    Dani : En gros, nous écrivons la musique qui nous plait, et nous jouons la musique qui nous plait, donc nous écrivons au sujet des choses qui nous plaisent ! Le rhum, les bières, les pirates timbrés, et les « Yarr ! », tout ça.


    Pagan France : Que pensez-vous des nombreuses fois où vous avez été compares à Running Wild ?

    Gareth : On commence à en avoir marre!

    Dani : Ca nous fatigue vraiment!

    Gareth : Musicalement, nous ne sonnons pas du tout comme eux.

    Dani : De toute évidence, Running Wild parlent de pirates dans leurs textes. Mais le style musical est complètement différent. Les gens dissent tout le temps “Mais les pirates sont sensés être vieux et allemands ! “ Bande de robots crétins !

    Gareth : C’est comme quand on était en tournée avec Grave Digger l’an passé! Certaines personnes sont venues nous voir pour vous dire « Oh, mais vous n’êtes pas aussi bons que Running Wild ! » On n’essaie pas de l’être! Nous jouons un autre style de musique, c’est juste que les thèmes des paroles se ressemblent… Je n’ai jamais vraiment écouté ce groupe !



    Pagan France : Le morceau “No Quarter” contient une partie du thème de la bande originale de “Pirates des Caraïbes »… êtes-vous fans des films et de Hans Zimmer ?

    Gareth : Oh, donc tu as remarqué ça! (rires)

    Dani : Nous sommes plus fans de la bande originale… ah, Hans Zimmer ! Je n’ai vu que le premier film.

    Gareth : J’ai vu les trois, et le troisième était assez mauvais j’ai trouvé.

    Dani : La bande originale de Hans Zimmer est vraiment bonne, c’est vraiment un bon compositeur.

    (A ce moment-là, d’étranges bruits se font entendre dans le hall, provoquant un gros fou rire…)

    Gareth : Bienvenue au Paganfest! Tout ça, c’est la faute de Finntroll ! Ce morceau, c’est un petit air tellement sympa ! C’était difficile de ne pas l’utiliser ! (Le bruit reprend) Ouais…



    Pagan France : Aimeriez-vous jouer sur un vrai galion, rien qu’une fois?

    Dani : On a tourné une vidéo sur un truc qui ressemblait à un galion ! A Londres ! J’aimerais faire un vrai concert sur un bateau.

    Gareth : Sur un vieux galion, ouais, mais si on arrivait à y mettre 50 fans, le bateau s’effondrerait… ça serait le bordel !



    Pagan France : En parlant de jouer à des endroits “différent”, nous avons entendu parler du festival “Hard Rock Hell” à Ibiza… Qu’est-ce que ça vous inspire, du metal dans la capitale mondiale des discothèques ?

    Dani : IBIZAAAAAA ! J’ai tellement hate!

    Gareth : On se demandait si on allait passer toute la journée à la plage…

    Dani : Je pense que ça sera intéressant ! Vu la manière dont la promotion est faite, il me semble qu’il y aura toute une zone axée metal là-bas, donc ça devrait être bien !

    (A ce moment-là, quelqu’un entre, demande si nous pouvons nous presser: Arkona a besoin d’une loge supplémentaire pour Masha… elle « ne va pas se changer à terre, n’est-ce pas ? » Donc nous nous hâtons de terminer…)



    Pagan France : Vous avez joué “Flower of Scotland” sur votre premier album, est-ce que vous êtes attachés à l’Ecosse et à ses traditions ?
    Gareth : Plus maintenant ! Deux membres du groupe sont Irlandais.

    Dani : A l’époque, nous l’avons enregistrée parce qu’on nous l’avait demandé, mais c’est en quelque sorte un mensonge vu que la moitié du groupe est irlandais.



    Pagan France : Quelque chose de complètement différent, quelle est votre bière préférée ?

    Dani : Ma bière préférée? ”Black China”, du Texas.

    Gareth : Je dirais la ”Piraat”, c’est une bière d’ici, en Belgique!

    Dani : La “Piraat” vient en second pour moi. Mais pour la première, elle vient d’une petite brasserie au Texas appelée China. Ils font une bière brune que j’adore.

    Gareth : Sinon, pour moi, une bière belge appelée “Piraat”. Un de nos amis, Belge, nous en amène toujours, à chaque fois que nous jouons à Anvers. On devrait en avoir là, très bientôt !


    Pagan France : Avez-vous quelque chose à ajouter pour les fans français et belges?

    Gareth : Français ET Belges, chouette! Et bien… yeah! (rires) Nous adorons la Belgique, je suppose que nous reviendrons très vite vu que nous vivons aux Pays-Bas maintenant… Nous sommes voisins ! Donc… à très bientôt et profitez bien du concert ce soir!


    Interview disponible sur Pagan France.
  • Interview avec Vreth lors du Pagn Fest 2010 à Paris

    14. Jan. 2011, 10:49



    PF – Salut Vreth, alors comment se passe cette nouvelle édition du Paganfest ?

    Vreth : Ca va super bien, les concerts sont bons. Bon, je me suis fait voler mon passeport, mes fringues et mon portefeuille, un bus a rendu l’âme, mais ça va. Les shows sont super et on est sold out quasiment tous les soirs, donc c’est cool.



    PF – Comment ont été accueillis les morceaux du nouvel album en live ?

    V : Très bien. Certains ne sont pas encore suffisamment connus mais le public reste enthousiaste.



    PF – Le public a t-il changé depuis vos débuts ?

    V :Difficile à dire. Il y a plus de monde, mais je n’ai pas le sentiment que le public soit différent.



    PF – Que pensez-vous de votre public français ?

    V : Les français sont un grand public. On a joué plusieurs fois à la Loco, ça a été nos concerts les plus importants pour nous.



    PF – Avec quels groupes aimeriez vous partager une affiche de concert ?

    V : Ca ne dépend pas vraiment des groupes avec qui on partage l’affiche. Mais on se sent bien avec les groupes du Paganfest 2010. C’est comme une grande famille.



    PF – D’où est venue l’idée du visuel de Nifelvind ?

    V : C’est à Skrymer qu’on le doit. Il s’est inspiré de concepts de la culture finnoise mais je n’ai aucune idée d’où. Au niveau du style il s’est beaucoup inspiré des œuvres d’Alfons Mucha.



    PF – Comment se passent les ventes de l’album ?

    V : On n’a jamais été aussi haut dans les classements. On est 8ème en Finlande, 31ème en Allemagne. L’édition limitée de Nifelvind est d’ailleurs sold out.



    PF – Quelles sont les réactions vis à vis de l’album, les critiques ? En êtes-vous satisfait ?

    V : En live, c’est super. Le public est devenu fou. Sur CD, les réactions sont très bonnes. Même les personnes qui n’ont jamais écouté Finntroll auparavant ont adhéré, donc c’est vraiment génial.



    PF – Avez-vous lu des critiques injustes ou négatives ?

    V : On nous a accusés de devenir trop bizarres, trop mystérieux. De ne pas être assez simples.



    PF – Pensez-vous un jour vous inspirer du Kalevala ?

    V : Non, ça ne nous intéresse pas. Ce n’est pas important pour nous car on a nos propres histoires et chansons, avec cela on a de quoi faire. En tout cas une chose est sur nous nous éloignons des paroles anticléricales, pour nous rapprocher des comptes et légendes.


    PF – Dans les textes vous utilisez beaucoup de Kenningar ?

    V : Nous n’utilisons pas vraiment de Kenningar mais nous faisons beaucoup de jeux de mots dans nos paroles d’ailleurs la plupart sont assez évidents pour être repérés.



    PF – Vous êtes en tournée depuis un bon bout de temps. Tu as du goûter pas mal de bières différentes, quelle est ta préférée ?

    V : Ma préférée restera toujours la Guiness. Plus quelques bières tchèques.


    PF – Merci beaucoup pour cette interview, on te laisse les habituels mots de la fin, que souhaiterais tu dire aux nombreux fans français ?

    V : On est heureux d’être en France pour ces trois concerts. Et en plus de ça on se voit au Hellfest !

    Interview disponible sur Pagan France.
  • Interview avec Chrigel Glanzmann (Eluveitie) lors du Pagan Fest à Paris le 10 mars…

    14. Jan. 2011, 8:43



    Pagan France : Salut Chrigel, alors comment se passe cette nouvelle édition du Pagan Fest ?

    Chrigel : On profite vraiment de ce tour, car il est vraiment très bon et il y a toujours une très bonne ambiance à tous les shows ou presque.



    PF : C’est mieux par rapport au Heidenfest 2008 ?

    C : Ça fait deux ans qu’on est en tournée, c’est difficile de se rappeler exactement. Mais on est content d’être dans cette tournée, l’ambiance au sein du groupe est vraiment excellente.



    PF : As-tu des anecdotes sur des bons moments ou des mésaventures ?

    C : Oui, on a connu quelques ennuis. Au départ on est parti avec 3 bus, mais l’un d’entre eux a eu un accident. Heureusement, personne n’a été blessé, mais le bus était mort. Les deux autres bus ont du faire demi-tour pour aller chercher les passagers. Sinon Vreth de Finntroll a aussi eu des ennuis à la douane, avec son passeport finnois. Il a fait deux heures en cellule, pendant lesquelles on n’avait aucune nouvelle.


    PF : Comment ont été accueillis les morceaux du nouvel album en live ?

    C : Très bien ! Les nouveaux morceaux ont été biens accueillis. L’album a du succès de manière générale, il est même dans le top 10 dans 5 ou 6 pays différents.


    PF : Le public a t-il changé depuis vos débuts ?

    C : Oui et non. Mais on ne s’en soucie pas vraiment. Vous savez, ce débat sur ce qu’est d’être un « true » metalleux, c’est vraiment stupide. Je me fiche pas mal de l’ « underground » ou du « true metal ». Mais en Allemagne c’est quand même une énorme scène metal et le public avait doublé, et était beaucoup plus jeune également.



    PF : Le chanteur d’un autre groupe pense que cette nouvelle génération est celle qui a grandit avec le Seigneur des Anneaux et son adaptation au cinéma, et qui s’identifient aujourd’hui au mouvement pagan.

    C : Probablement, pourquoi pas (sourire).


    PF : Que pensez-vous du public français ?

    C : On verra ce soir (rires). On connaît surtout Paris, mais c’est à chaque fois un bon moment ici.



    PF : Avec quels groupes aimeriez vous partager une affiche de concert ?

    C : On s’en fiche (rires) ! On a de super relations avec Arkona et Finntroll. Sérieusement, après deux ans de tournée, je n’en ai pas la moindre idée. Même pas un groupe qui n’existe plus et que je tirerais des cendres pour l’occasion.




    PF : D’où est venue l’idée du visuel de Everything Remains ?

    C : Il n’y a pas de concept dissimulé ni de message particulier. L’artwork est important, mais il a une vocation purement artistique et atmosphérique. Il exprime plus un sentiment, une sensation. En ce qui me concerne, il m’inspire de la mélancolie, le fait d’être perdu dans ses pensées.



    PF : C’est si sombre que ça ?

    C : Sombre ? Non, (sourire) ce sont mes émotions préférées.



    PF : Comment se passent les ventes de l’album ?

    C : Oulah, je ne m’occupe plus de cette question depuis au moins un an et demi. Mais ça doit bien marcher. Everything Remains était à la 8ème place en Suisse, 19ème en Allemagne et 22ème en Autriche. Ce sont de bonnes places pour un groupe de metal. Il se vend environ 3 fois mieux que Slania.


    PF : Quelles sont les réactions vis à vis de l’album, les critiques ? En êtes-vous satisfait ?

    C : Assez bien je pense. Notre dernier album est sorti juste au début du Pagan Fest et du coup, j’en ai aucune idée. Je ne peux me prononcer que sur les lives. Je n’ai même pas eu le temps de lire un magazine ou autre pendant la tournée.



    PF : Peut-on avoir des informations sur le futur Evocation II ? Des guests, des inspirations ?

    C : Oui et non. Je travaille dessus et j’y pense beaucoup. Mais je sens qu’il me faut plus de temps. Donc, je pense qu’on fera un autre album metal, puis on travaillera sérieusement dessus.



    PF :Avec une tournée aussi intense, comment arrives-tu à composer ?

    C : Je ne peux malheureusement pas composer en tournée. Le premier titre de Everything remains a été composé pendant la tournée US, mais autrement je ne compose pas. On a eu des breaks de 2 semaines à 3 mois durant le Pagan Fest, pendant lesquels j’ai pu composer.

    PF : Est-ce qu’un futur DVD live est en projet ?

    C : On y pense. On en a vraiment envie, mais aucune idée de quand vu que l’on souhaite du travail soigné, pas un truc fait à la va-vite entre deux albums.


    PF : Ca fait un moment que tu es en tournée. Vous avez du vider quelques cornes, quelle est donc ta bière préférée ?

    C : Ah, ils achètent toujours la bière la moins chère (rires) ! Mais ma bière préférée reste la Guiness.



    PF : Il paraît que tu parles français ?
    C : (en français) Un peu. J’ai travaillé dans une librairie parisienne durant un temps, il y a 20 ans de ça.


    PF : Merci beaucoup pour cette interview, on te laisse les habituels mots de la fin, que souhaiterais tu dire aux nombreux fans français ?

    C : Merci de cette interview et du temps que vous consacrez à Eluveitie ! A tout de suite, sur scène !


    Interview disponible sur Pagan France.
  • [Chronique] Falkenbach - ...En Their Medh Riki Fara...

    13. Jan. 2011, 15:23

    Chronique de Flavien.



    Un groupe de musique, qu’est ce que c’est ? Ça peut être des musiciens qui, réunis, contribuent chacun à la composition, apportent leur vision des choses…. Pour ça, il faut que les egos soient mesurés et que chacun des membres soit assez ouvert pour écouter les propositions de ses partenaires. On trouve aussi des groupes dominés par une personnalité qui, sous des couverts de démocratie et d’écoute (et encore pas toujours) est au final le décisionnaire et impose sa vision de la musique (on pense au Dire Straits des années 80, clairement dominé par la personnalité de Knopfler, ou aux multiples projets de Ritchie Blackmore). Bon souvent, on se trouve dans un compromis entre ces deux visions, il y a un « leader » qui fait office de médiateur et de principal compositeur, et les autres apportent des idées, composent certains titres… Mais certains artistes refusent tout compromis et toute concession, et veulent demeurer libres dans leur vision de la musique, sans élément extérieur. Falkenbach rentre cette dernière catégorie du « one-man band », à savoir de l’allemand (exilé en Islande pour un temps) Marküs Tummers, qui travaille sous le pseudonyme de Vratyas Vakyas (oui, les pseudonymes du viking metal sont rarement très poétiques).

    C’est en 1989 que Vratyas élabore sa créature, alors que Bathory en est déjà à son quatrième album mais commence tout juste à flirter virilement avec les nordiques poilus. Cependant, le « groupe » reste loin du devant de la scène durant de longues années, Vratyas réalisant de nombreuses demos. Histoire de rajouter au côté légendaire de la chose, certaines sont, parait-il, introuvables aujourd’hui, à savoir celles réalisées entre la première (Havamal), de 1989, et la première des trois datant de 1995. Soit 6 ans de silence radio pour l’allemand, qui en a profité pour officier au sein de Crimson Gates, à la guitare. Cette expérience l’a-t-elle convaincu de continuer à travailler en solo, lui seul pourrait nous le dire. Quoi qu’il en soit, son refus de trouver des collaborateurs semble lui avoir réussi jusqu’aujourd’hui, Falkenbach restant dans le haut du panier de ce qui se fait dans le folk et viking metal depuis les années 90 (bon, c’est pas si difficile, vous me direz, vu la qualité moyenne qu’offre le style).

    Après avoir abandonné un premier projet d’album faute de moyens (« l’argent, c’est le nerf de la guerre, le fric, celui de la musique »), Marküs arrive finalement à trouver un label, No Colours, et à sortir son premier album ...En Their Medh Riki Fara..., dont la pochette (assez laide il faut l’avouer) est en noir et blanc afin de respecter la tradition (stupide ?) du label (d’où son nom). Nous voilà au cœur du sujet. Pour cet opus, Vratyas travaille encore seul, ce n’est qu’à partir de 2003 qu’il travaillera avec des musiciens de session. Notre homme s’occupe donc du chant, mais aussi de tous les instruments. Son inspiration, il la tire principalement de légendes païennes et nordiques (quelle originalité !), mais aussi d’un recueil poétique islandais, l’Edda. L’année de sa sortie (1996), le genre du « viking metal » est déjà mieux installé qu’à la fin des années 80, entre autres par la sortie remarquée de nombreux albums de Bathory, mais aussi grâce aux débuts de Thyrfing, Einherjer ou de groupes qui ont popularisé la musique folk dans le metal (Skyclad…). Bref, le viking metal est sorti de l’underground, c’est le début d’une lente progression d’un style qui se développera à l’excès dans les années 2000, avec les conséquences habituelles à la généralisation, à savoir une tripotée de groupes plus mauvais les uns que les autres.



    Sur cet album, peu de chant clair mais surtout une voix black (contrairement aux albums suivants), appuyant un black metal à tendance atmosphérique saupoudré des influences viking évoquées précédemment. Le premier titre plonge l’auditeur dans l’ambiance assez sombre qui caractérise cet album, le côté épique étant moins accentué que sur les albums suivants. Toutefois, on trouve déjà les éléments caractéristiques de la musique de Falkenbach, le titre « Heathenpride » ayant par exemple tout à fait pu figurer sur un album postérieur. On trouve tout au long de l’opus de riffs assez accrocheurs, une section rythmique qui fait son job sans être exceptionnelle, une guitare parfois acoustique, et surtout les nappes de clavier qui, par leur utilisation, différencie Falkenbach des autres groupes du style. On les perçoit, lointaines mais en même temps (ou de ce fait, peut-être ?) hypnotisantes et faisant le gros du boulot quand elles sont présentes et donnant parfois un côté symphonique à l’ensemble, sans verser dans le kitsch (enfin presque, sur la fin d’ « Heathenpride » ça devient lourd). Dans cet album, Vratyas montre qu’on peut faire plusieurs choses à la fois, et le faire bien. On vogue ici (pour les vikings, c’est le cas de le dire !) entre le moyen et le bon, certains titres étant très efficaces, mais la plupart se perdant parfois un peu en chemin, s’étiolant sur la longueur pour perdre en qualité. Je pense ici à « Heathenpride », encore une fois, qui aurait pu être bien meilleur en abrégeant ce fichu clavier, ou à « Asum Ok Alfum Naer... », qui aurait gagné à être raccourci d’au moins deux minutes, le passage du milieu étant relativement lourdingue, d’autant plus que c’est un morceau instrumental, perdant ainsi le contrepoids et la variété que peut apporter la présence du chant. Pourtant, plus tard, les titres longs de notre homme seront généralement réussis (« Vanadis » ou « Farewell » par exemple, deux petits joyaux), mais sur ce premier opus ce sont les plus courts qui retiennent mon attention.

    L’opener déjà, sans être génial, a le mérite de s’arrêter à temps pour rester un titre d’ouverture tout à fait correct (enfin, on parle quand même de plus de 6 minutes, pas d’un truc de 3 minutes, chose assez rare dans la discographie du groupe). « Into The Ardent Awaited Land » est également un très bon morceau pour terminer l’album et laisse déjà présager du meilleur par la suite. Bon je dis ça, mais j’ai aussi un petit faible celui que je m’amuse depuis tout à l’heure à descendre, « Heathenpride », pas que je sois fier d’être un païen poilu qui fait l’amour aux arbres, mais plutôt qu’elle reflète bien les forces de la musique de Falkenbach (avec les limites mises en avant plus haut). Chant clair, ambiance assez épique en début de morceau avec l’efficacité, encore une fois, de ces claviers, l’arrivée du chant black sans qu’il écrase tout sur son passage en laissant l’auditeur respirer… il aurait juste dû être plus court quoi. Je finis sur le titre que je préfère, à savoir « Laeknishendr », qui malgré sa fin un peu bâclée, se déroule avec un bon riff, une présence de l’acoustique qui n’est pas pour me déplaire, et toujours cette association chant black/chant clair très bien dosée. Bon au final il n’y a pas de gros mauvais titre, plus des faiblesses récurrentes, des passages un peu superflus et dispensables, mais pas de vraie daube qui plombe un album somme toute relativement homogène.

    Au final, rien d’exceptionnel, un bon album du style qui arrive déjà à imposer une certaine personnalité (ce qui n’est pas donné à tous), qui ravira sans doute les fans du genre mais ne chavirera pas le monde de la musique, ni même celui du metal. Annonciateur de ce que cet homme seul fera plus tard (en mieux), ...En Their Medh Riki Fara... pose les bases d’un « groupe » qui, tout au long de sa discographie, a su garder un qualité constante, lui permettant de rester sur le devant de la scène sans tomber dans les travers qui ont pu s’attacher au folk metal et consorts cette dernière décennie. Reste tout seul, Marküs, ça te réussit !

    Chronique disponible sur Pagan France.
  • [Chronique] Agalloch - Marrow of the Spirit

    13. Jan. 2011, 15:14

    Chronique de Huginn.



    Agalloch se sera bien fait attendre durant les trois dernières années, enchaînant un EP de pur néofolk en 2008 et un DVD de concert l'année suivante, laissant planer le mystère sur le contenu du nouvel album à venir et restant relativement taciturne durant les mois précédant la sortie de Marrow of the Spirit. Les Américains ont pour habitude de prendre leur temps pour l'écriture de leurs albums. 4 disques en onze ans, c'est peu, alors la sortie d'un nouvel album n'est pas une banalité. L'attente est d'autant plus fébrile que les gars de l'Oregon ont jusqu'ici su faire un parcours sans faute, mariant gracieusement metal atmosphérique et éléments folkloriques austères dans un ensemble contemplatif loin des stéréotypes propres au folk metal.

    S'il y a une certitude, c'est que les thèmes abordés par le groupe ne changeront pas, pas plus que leur imagerie bien rodée et encore une fois parfaitement illustrée par la pochette de Marrow of the Spirit. Un disque d'Agalloch, c'est un disque avec de la neige, du froid et un ciel sans Soleil, des textes chargés de désespoir et de fatalisme. En revanche, musicalement, la forme n'a cessé de muer au fil des années, le dosage des éléments cher au groupe variant à chaque nouvelle sortie. Pale Folklore transpirait encore le black des débuts, The Mantle arborait des atours néofolk, et Ashes Against the Grain ouvrait encore d'autres perspectives. L'EP The White, sorti en 2008 et axé pleinement néofolk ne laissait ainsi rien augurer du contenu du futur album.

    La tournure post-rock d'The White a pu en surprendre certains, bien qu'elle s'inscrive naturellement dans la démarche du groupe. Marrow of the Spirit poursuit dans cette voie mais ne ressemble pas beaucoup à son grand frère. Finies les rythmiques doom, finis les leads mélodiques assurés des derniers albums. Marrow of the Spirit surprend là où on ne l'attendait peut-être pas : un net changement de cap vers l'univers du black atmosphérique, un genre que les Américains n'avaient plus côtoyé depuis plus de dix ans. Le regain d'agressivité est palpable dès l'introduction d'« Into the Painted Grey » où déboulent blasts-beats et riffing typiquement black. Les amateurs du finalement bien peu metal The Mantle apprécieront cependant le retour des parties acoustiques qui avaient été quasiment éclipsées en 2006 au profit d'un son dense et compact.

    Et le post-rock dans tout ça ? Il répond bel et bien présent, plus encore qu'avant, mais ne se manifeste pas tout à fait de la même façon que sur Ashes Against the Grain : le son est moins dense, tandis que les compositions s'étirent davantage en longueur. La pièce maîtresse « Black Lake Nidstång » et « To Drown » prennent leur temps pour se développer, là où un « Bloodbirds » s'engageait directement dans un build typiquement godspeedien. La séparation des pistes calmes avec les trois pavés black atmosphérique donne une variété certaine à l'album qui est tantôt agressif, tantôt particulièrement serein.

    Marrow of the Spirit n'a pas de défaut notable, l'ensemble est relativement homogène et si « Black Lake Nidstång » se détache du lot chacune des autres compositions trouve sa place et a sa raison d'être. Cependant, l'album donne l'étrange impression d'être un peu terne en comparaison avec ses prédécesseurs, la faute notamment à une grande sobriété. Il est ainsi regrettable de constater la quasi-disparition du chant clair au profit de davantage de chuchotements et de chant black. De plus, la production certes très propre est un peu moins tranchante qu'en 2006. Marrow of the Spirit est relativement docile, et s'il se laisse aisément apprivoiser il peine quelque peu à s'imposer avec panache auprès de ses aînés davantage conquérants.

    Si qualitativement ce quatrième opus n'est probablement pas l'effort le plus remarquable des Américains, il ne trahit aucunement les standards établis au cours des années passées et le groupe a encore une fois su trouver ses marques tout en muant stylistiquement. Marrow of the Spirit est tout de même un bon cru qui se déguste avec un plaisir renouvelé. Ce qui finalement suffit déjà à lui valoir tous les honneurs.

    Chronique disponible sur Pagan France.
  • [Chronique] Finntroll - Visor Om Slutet

    13. Jan. 2011, 15:03

    Chronique de Josh.



    Avec cette chronique c’est dans les lointaines terres ancestrales trollesques que je vous emmène voyager. Pour cet EP, Finntroll s’est essayé à un exercice qui s’avère ardu, à savoir une galette entièrement acoustique, mais ô combien réussi. Cet EP est d’ailleurs pour moi le chef d’œuvre du groupe tant par sa richesse musicale, ambiante et chamanique. Tout ou presque est sur cet EP pour un plaisir auditif d’environ 30 minutes.



    Tout commence avec une intro marécageuse avec des croassements de grenouille qui permet de planter le décor de cet EP qui est mélancolique et nostalgique à souhait. Pourquoi ce type d’ambiance ? Probablement pour la raison suivante, car il s’agit d’une période « noire » pour le groupe car nos trolls finlandais viennent de perdre l’un de leurs frères d’armes à savoir, Teemu « Somnium » Raimoranta, l’un des fondateurs du groupe. Cet EP lui sera d’ailleurs dédié de la plus belle manière, déjà sur le verso de l’album, mais également par des phases festives pour commémorer les bons souvenirs du regretté Somnium, comme sur les pistes "Försvinn Du Som Lyser" et "Under Varje Rot Och Sten". Mais d’une façon encore plus respectueuse à mes yeux avec le titre "Den Sista Runans Dans" qui est aussi bien musicalement que dans ses textes, l’accompagnement pour son dernier voyage vers un autre monde. Cet EP est à prendre également comme une aventure chamanique hors du commun, le titre "Madon Laulu" en est d’ailleurs la preuve.



    Si j’avais un conseil à vous donner pour savourer pleinement cette EP, ce serait d’être en plein milieu d’une forêt autour d’un feu de camp avec ses meilleurs amis pour s’imprégner totalement de l’essence magique et ancestrale de ce petit bijou. On est tellement bien à l’écoute de celui-ci, que ce soit seul les yeux fermés en train de ce laisser voyager en pleine nature finlandaise (ou ailleurs) mais également a se rappeler d’excellents souvenirs. Voilà pourquoi je parlais de nostalgie plus tôt. D’ailleurs en écrivant ces mots tout en réécoutant Visor Om Slutet, cela me donne qu’une envie : retrouver mes amis pour partager encore plein de bons moments ensemble, car c’est pour moi vraiment l’essence et l’énergie qui se dégage de cet EP, la nostalgie et la mélancolie de pleins de bons et beaux moments passés dans sa vie. Sentiment accentué à l’écoute du titre "Svart djup" qui va clairement pour moi dans ce sens et se concluant par le grandiose titre ambiant "Avgrunden Öppnas" qui conclut se voyage en apothéose.



    Cela fait maintenant plusieurs années que j’ai découvert ce splendide EP de Finntroll mais aujourd’hui encore quand je l’écoute, je prends une claque monumental. Cet EP est d’ailleurs pour moi le CD que je préfère tout groupe confondu et qui est encore inégalé à ce jour, mon CD de chevet en somme. Depuis, je n’attends qu’une chose, que Finntroll renouvèle cette majestueuse aventure avec autant d’ingéniosité pour pouvoir poursuivre ce magnifique voyage qui a commencé et qui ne s’est toujours pas arrêté.

    Chronique disponible sur Pagan France.